| 2011 |
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CAPUCINNE
Ah
! Ce GR20…. Je pensais connaître la
montagne avant d’aller à cette aventure…
Eh oui ! Normal. J’habite sur le flanc de
la « montagne couronnée ».
Cette belle cité médiévale
qu’est Laon ! Seulement, le point culminant
dépasse difficilement les 100 m et pour
y grimper… une belle route goudronnée.
Assez facile en voiture !
Le GR, une vraie découverte finalement
! J’avais lu « 16 000 m de dénivelé...
» Hum ! C’est un chiffre sur papier…
ça me parle mieux désormais ! J’y
ai aussi découvert les cailloux, les blocs
rocheux et mieux encore : les parois verticales
du cirque de la solitude !!! La Corse, c’est
tout simplement merveilleux, splendide, gigantesque
! La chance que j’ai eue par rapport aux
milliers de touristes qui empruntent ce GR chaque
année, c’est de l’avoir vécu
aux côtés de personnes comme vous.
Sans cet encadrement exemplaire, sans le soutien
de chacun, rien n’aurait été
pareil. Je sais que grâce à cela,
j’ai pu dépasser les limites de mes
limites. Fabienne et Laurent, je ne vous remercierai
jamais assez pour ce que vous m’avez permis
de réaliser dans le cirque. Moi qui n’arrive
même pas à passer le plus simple
des parcours d’accrobranche… Merci,
merci !
Merci à tous pour ce que vous avez apporté
à cette aventure, ce bout de chemin caillouteux
parcouru ensemble : 6 jours d’effort et
d’intenses émotions.
Merci tout spécial à toi, Delphine,
ma coéquipière de tous les instants.
Je suis vraiment contente et fière d’avoir
partagé tous ces moments avec toi. Tu as
un mental d’acier, un soutien sans faille
et toutes ces heures partagées dans la
fatigue, l’euphorie et la douleur parfois,
ce n’est pas demain que je l’oublierai.
Hélène, Isabelle, Fabien, Maxime,
Karine, Jeanne, Raffaello, mille mercis pour votre
disponibilité et la qualité des
soins.
J’ai eu la chance de goûter concrètement
à la terre Corse : drôle de goût….
mais je la regrette déjà !!! J’ai
au moins emporté avec moi des souvenirs
plein la tête mais aussi plein le corps.
Un petit coup d’œil à mon genou
gauche… et l’étape n°2
me revient à l’esprit ; pour l’étape
n°4, c’est le genou droit qu’il
faut regarder… Et quand je suis pressée,
je regarde ma main gauche : et là, c’est
un résumé de toutes les étapes
!!! D’ailleurs, Karine, j’ai pensé
à toi dès le lendemain de mon retour
dans le Nord. Belle chute à vélo…
Le macadam fait plus de dégâts que
le caillou Corse et accessoirement, j’ai
rouvert ma main… pour la 9ème fois…
Eh non, on ne me changera pas !
Un dernier grand merci à Isabelle et Didier
pour cette organisation si fluide (et si complexe
on imagine !). Merci pour votre gentillesse et
l’énergie que vous transmettez…
Je n’oublierai pas non plus de remercier
notre grand Laurent. J’ai été
impressionnée par ta résistance
et surtout ta patience et ton sourire omniprésent.
Ca fait beaucoup de « merci » tout
cela mais ce n’est même pas suffisant
tellement j’ai vécu une super aventure
grâce à toute cette équipe
de fous ! Le prochain à Laon qui me parle
de « montagne couronnée » pour
désigner cette ville, je te l’envoie
Didier ! Il verra ce que c’est la vraie
Montagne !!!
Allez, un tout dernier…..MERCI !!!
DELPHINE
Cela
faisait plus d’un an que nous nous étions
inscrits pour cette aventure. Nous en parlions
quelques fois : « Quelles baskets as-tu
acheté ? As-tu des bâtons ? Tu as
programmé des côtes dans ton entraînement
? » Bref, des petites interrogations que
nous avions tous puisque à part notre belle
montagne couronnée à Laon, nous
n’avions pas une grande expérience
des dénivelés.
Quelques inquiétudes aussi : « T’as
le vertige toi ? Parce que moi j’ai une
sacrée trouille du vide ! »
A partir de ce moment, Eric a pris les choses
en main et a appelé Didier. Après
cet appel téléphonique nous nous
sommes donnés (un peu à l’habitude
!) rendez-vous au bar ! Didier, par ses paroles,
a su rassurer tout le monde et nous avons donc
pu partir tous confiant et surtout très
impatients d’en découdre et de découvrir
cette belle montagne !
A notre arrivée sur le bateau, nous avons
pu découvrir les premiers visages, les
premiers sourires mais surtout les premiers fous
qui allaient partager l’aventure avec nous
!
Après quelques mots échangés
et la présentation du staff, nous avons
tout de suite pu nous rendre compte du sérieux
et de la qualité de l’organisation,
et nous n’avions encore rien vu…
ET C’EST PARTI !!! 1ère ETAPE : 23KM
…… 10H30 « Mais qu’est-ce
que je suis venue faire là !!!! »
Voilà ce que je me suis dit plusieurs fois
dans la journée ! Et puis, on relâche
la pression, on arrive vers Raffaello et Jeanne
qui nous accueillent avec un grand sourire et
à qui l’on confie les yeux fermés
nos « magnifiques pieds » ! Puis,
on se dirige vers Isabelle, Fabien et Max : «
J’ai mal là, là, là,
là et là, je ne pourrais jamais
repartir… » « Mais si tu vas
repartir ! »
Pendant ces moments, toute la fatigue de la journée
est oubliée, on rit, on discute, on partage
avec les autres membres du groupe et surtout…on
déguste une Pietra ! Que l’on a bien
mérité !
Ces moments de convivialité se renforcent
au fil des jours, puis, on ne souffre plus, on
profite, on lève le nez, tout est tellement
beau, on s’encourage quand on se croise,
on se félicite, on dépasse ses limites
un peu plus chaque jours, et on apprend à
aimer les cailloux ! … C’est une véritable
aventure physique, mais aussi humaine qui restera
gravée dans ma mémoire.
La qualité du Staff est telle que l’on
ne peut que vivre cette aventure avec le sourire
! Merci à tous pour la qualité des
soins, la gentillesse et l’écoute
que vous nous avez apporté dans des moments
parfois difficiles mais aussi dans tous les autres
! Sans cela, il n’est pas possible de repartir
le lendemain…
J’ai rencontré des personnes que
je ne suis pas prête d’oublier, chacun
a marqué cette aventure par ce qu’il
est et ce qu’il a su y apporter !
Malgré les derniers moments de douleurs
(sans compter cette fabuleuse dernière
soirée !) lorsque je regarde les photos
de tous, je me dis toujours « Quelle dommage
que cette semaine soit passée si vite,
j’ai l’impression de ne pas avoir
assez profité du paysage et de chaque personne
présente ». La nostalgie, il paraît
que c’est ça !
MERCI A TOUS DE M’AVOIR FAIT VIVRE CETTE
FABULEUSE EXPERIENCE!!
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| 2010 |
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CLAUDINE
J’ai un peu tardé à vous répondre,
mais malgré le travail je n'ai cessé
depuis notre retour de penser à cette semaine
magnifique chargée de difficultés,
de paysages époustouflants et surtout d'émotion,
de sentiments généreux, je voudrais
vous remercier tous et particulièrement
le staff, sans qui nous le savons, les matins
crispés auraient été beaucoup
plus douloureux.
J'ai vraiment la nostalgie .... vous me manquez
les filles. Oh !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! mais bien
sûr vous aussi les garçons, vous
m'avez tous aidée, réconfortée
certains m'ont supportée le jour et la
nuit .... (rrr!)
Comment va le ventrou Pascal ?
Bonne Course Stéphane pour ce week-end
Jean-François comment s'est passé
la mission ........ impossible ..............
Bon entrainement Fabienne ...... accroche toi
Hélène ne lâche rien ça
va revenir
Sylvia c'était le premier sûrement
pas le dernier
Merci à Didier et Isa pour cette semaine
Bonne récupération à tous
ERIC
"Pour la deuxième année consécutive,
j’ai a-do-ré !!
Cette immensité, cette nature à
la fois sauvage et extrêmement accueillante,
ces sous-bois de pins, de hêtres et de châtaigners
chargés de senteurs de printemps, ces ruisseaux
capricieux, ces versants et vallons fleuris, la
brume mystique des sommets, les dalles de pierre
telles des chaussées de géants,
le funambulisme sur les crêtes, ces mouflons
qui vous sondent dans la distance, ces étangs
d’eau cristalline au fond des vallées….et
ces petits cailloux en quête de voyages
merveilleux qui se glissent dans vos chaussures.
C’est surtout et avant tout une aventure
humaine unique où des individus, au travers
d’efforts immenses, vont aller dépasser
des limites qu’ils croyaient infranchissables,
vont se souder, aller bien au-delà des
premières apparences, se révéler
à eux-mêmes et au groupe, et ainsi
créer des liens profonds de confiance,
d’amitié et de respect.
La joie, la peur, la surprise, les pleurs, les
éclats de rire…un large panel d’émotions
étaient au rendez-vous de cette édition
2010…et ont contribuées à
tous nous faire bouger et sans nul doute à
nous faire un peu grandir.
Le staff médical de grande qualité
et des organisateurs tout à la fois extrêmement
pro et cultivant une forte convivialité
du groupe ont fait un travail énorme tout
au long de l’épreuve. Ils étaient
toujours là pour que tout ce passe le mieux
possible pour les coureurs, à réparer
les pieds & les bobos, à masser et
drainer les jambes durcies par l’effort,
à réconforter et à remonter
le moral des troupes, à gérer la
logistique des départs et des arrivées
et à faire en sorte, au final, que ce fut
une super expérience pour tous.
J’ai aussi une pensée toute particulière
pour Pascalou qui nous a tous fait rire aux éclats
en Aldo-Pascal Maccione sur la plage le dernier
jour et tout au long du séjour par sa bonne
humeur et ses couillonnades (mot choisi pour son
étymologie!).
J’ai beaucoup aimé le collectif et
la véritable équipe de cette année.
Chacun à sa manière à contribué
à rendre à mes yeux cette semaine
inoubliable, et j’espère tous vous
retrouver très prochainement sur de prochains
trails, raids ou randos.
C’est sur ce type d’événement
que l’on part à sa propre rencontre…et
je pense vraiment y avoir trouvé un peu
plus de moi-même.
Merci encore à vous tous….. et Viva
chasseurs Alpins !
En attendant de nouveaux évènements
concoctés par nos adorables Didier et Zaza.
SYLVIA
Je suis partie dans cette aventure en n’ayant
aucune expérience de la montagne, mon seul
entraînement est celui d'une coureuse à
pied. Donc plus la date approchait et plus le
doute en moi s'installait et là je me suis
dit que j'avais vraiment mis la barre un peu haute
!! Les incertitudes et une formidable envie d’y
participait se bousculaient dans ma tête.
Mon Club était derrière moi, mon
coach m’avait bien préparé,
je me devais d’aller au bout de cette folie
sportive.
Et je doit dire que je n'ai aucun regret ! Très
belle Aventure sportive, difficile où j’ai
dû me surpasser pour passer des difficultés
ou simplement arriver à rallier l’arrivée
de l’étape du jour. Je n'aurai jamais
pensé pouvoir faire ce que j'ai fait !
Et pourtant j’ai su aller au delà
de ce que je pensais être mes limites comme
quoi il ne faut jamais douter de soi !! Et une
très belle Aventure Humaine avec un groupe
extraordinaire où l'on a partagé
les rires, les doutes, les pleurs… On ne
peut pas jouer dans ces moments là, on
est vraiment nous et çà c’est
du purbonheur
En conclusion aucune ombre au tableau !!
Merci Didier et Zaza pour votre professionnalisme,
votre présence, votre soutien et votre
bonne humeur !
Merci aussi au staff soignant, sans eux les choses
auraient été bien différentes...
CHRISTELLE
Encore une fois un grand merci pour cette fabuleuse
aventure. Dure, certes, mais tellement enrichissante.
Je ne pensais pas être capable de franchir
ces étapes (même si je ne les ai
pas toutes faites).
Je me suis découverte...
Le retour à la réalité est
difficile, l'équipe me manque déjà
beaucoup, et ma sœur encore plus...
Félicitations pour cette belle organisation
mise en place par Isa et Didier
FABIENNE
Merci à toi et à Isa pour nous avoir
fait vivre cette incroyable aventure, à
la fois sportive et à la fois humaine.
J'ai sans cesse des images dans la tête
de cette semaine en Corse.
C'est vrai que de revenir à la réalité,
ça fait tout bizarre.
J'ai déjà hâte de revivre
ce genre d'expérience.
ALEX
« LETTRE A YANN »
Salut camarade, je me permets ces quelques mots
en ce début de soirée. Ma foi, j’espère
que tes journées sont comme le temps :
belles, que finies les ampoules et bye bye entorse.
Et puis, il y a quelques jours, j’ai pu
découvrir ton mot glissé sur une
feuille de bristol. Un doux mélange d’anecdotes,
d’émotions. C’est vrai qu’on
a partagé pas mal de choses sur ce sentier,
il y a eu cette beauté des paysages qui
dès les premières étapes
ont défilé sous nos yeux, au rythme
des foulées simultanées d’un
effort partagé. Et puis il y a eu nos pieds
cabossés, c’est vrai, paradoxe au
moins aussi étrange que l’histoire
de Benjamin Button ou quand un mauvais moment
d’une douleur partagé t’offre
le meilleur. La solidarité frappe à
la porte. Je crois que ce sont ces moments que
je suis venu chercher en Corse. Ce partage, ce
soutien, cette entraide, ces encouragements, ce
respect … Merci à toi Yann d’avoir
était un membre actif de cet état
d’esprit chevaleresque. C’est tellement
peu de choses mais tellement à la fois.
Ta présence m’a été
précieuse et m’a beaucoup touché.
Quelques jours plus tard, c’est Conca, finisher
! C’est super, je crois qu’on l’a
pas volé et c’est vrai nouveau point
commun. Après coup à première
vue, ce n’était pas monnaie courante
mais à vrai dire, je crois que chacun est
allé au bout de quelque chose. Certains
ont tutoyé leurs limites, d’autres
les ont dépassées. J’ai vu
de la joie, de la colère, de la tristesse,
du dépit, de la détresse, du soulagement,
de la fierté, de l’amour et tant
d’autres choses qu’une page ne saurait
contenir. Et puis il y a eu toutes ces rencontres
de gens divers et variés, c’est incroyable,
chacun son histoire, son anecdote. Et puis toi
bien sûr ; au départ, nos échanges
furent « musclés » et j’ai
pu découvrir ma foi un incroyable sportif.
Nos parcours similaires m’ont par la suite
fait découvrir l’homme tout aussi
appréciable… Merci ! C’est
sur ces quelques lignes que j’appuie sur
le bouton envoyer, ah la technologie ! T’espérant
bonne réception, plein de bonnes choses,
bises, Alex.
VALERIE
« mail à ma Fille »
Bonsoir Capucine et les amis à qui je vais
faire partager ces nouvelles de Corse.
Hier soir je suis donc rentrée de mon "intégrale
du GR20".
Première chose, c'est que mon objectif
a été atteint, j'ai réussi
à tout faire, en gros en 52 heures d'épreuves.
Kilian Jornet l'a fait en 32 heures non stop je
crois, mais il a pris des "raccourcis"...
et il était bien assisté... mais
c'est héroïque!!
La deuxième chose qui me vient à
l'esprit, c'est que cette course n'aurait jamais
dû s'appeler GR: grande randonnée?
C’est si souvent de l'escalade que je ne
crois pas qu'on puisse appeler ça de la
randonnée. Ces fameux passages dont on
m'avait dit qu'ils étaient aériens
m'ont paru vertigineux. Heureusement que tout
est sécurisé par des chaines ou
des filins d'acier. Malgré cette sécurisation,
je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie. Et puis
on m'avait dit que c'était une course,
mais il n'y a probablement pas plus de 30 km sur
lesquels on peut effectivement courir sur les
180 du parcours, c'est vraiment peu. Les montagnards
rapides s'en sont bien sortis (autour de 17.000m
de dénivelée positive quand même!...).
Troisième chose que j'ai envie de vous
dire, c'est "que c'est beau!". Tout
le monde le dit, et je l'ai constaté, cette
succession de paysages passant d'une montagne
très alpine à un relief et une végétation
méditerranéens, c'est époustouflant.
J'ai aussi envie de dire "que de cailloux,
que de rochers, que de pierriers" et malgré
tout ça, peu de bobos au niveau de mes
pieds, ce qui est tout à fait exceptionnel.
Samedi, après l'arrivée tant attendue
à Conca, nous avons tous ensemble pris
la direction de la plage, à Sainte Lucie,
et profité de la mer qui était délicieuse!.
C’est ça la fameuse cerise sur le
gâteau.
Nous étions 22 participants (inconscients
devrais-je dire?) au départ, nous avions
la possibilité de ne pas prendre le départ
d'une étape tout en restant en course avec
un temps forfaitaire du double de celui du meilleur.
Le troisième et le quatrième jour,
comme nous croisions une route aux 2/3 de l'étape,
nous avions la possibilité de faire tout,
les deux premiers tiers ou le dernier tiers. Chacun
a fait selon sa forme, sa motivation, ses capacités.
Je crois que nous ne sommes que 7 ou 8 à
avoir eu droit au coupe vent "finisher"
et je suis très fière de l’avoir
eu.
Je vous embrasse, mes amis de course et Capucine.
Valérie
PS: Didier Chaussade, et son organisation qui
s'appelle Cap’Orn, ont été
parfaits, je vous recommande chaleureusement cette
façon de faire le GR20 sans porter tout
l'attirail habituel du randonneur.
Anthony
et Jean-François
Bonjour tout le monde,
excusez nous de ne pas vous avoir donné
de nouvelles avant, nous ne sommes pas morts...lol...tout
va bien on a eu un emploi du temps très
chargé cet été et on profite
de ces quelques jours de repos pour vous écrire
et vous remercier...
Avant tout, on voulait remercier toute l'équipe
du staff qui en plus de sa bonne humeur a fait
un travail remarquable, on s'attendait vraiment
pas à un tel soutien, vous nous avez soigné
de la tête au pied avec une si grande satisfaction
et de joie que ça donnait envie de se faire
mal jour après jour...
On remercie et félicite tous les coureurs
et marcheurs, et plus particulièrement
Claudine, Hélène, Valérie
vous avez énormément de mérite
pour ce que vous avez réalisé, c'est
extraordinaire, un grand respect...vous nous avez
beaucoup ému à chaque étape.
Merci à Henri pour ces magnifiques photos
c'est que du bonheur de revoir tous ces visages
de joie et de souffrance...
Un grand merci à toi Didier et à
toi Isa pour tout, continuez à organiser
des courses, des raids, vous rendez heureux et
faites plaisir à beaucoup personnes...
Cette semaine a été magnifique,
ce fût une très bonne expérience...merci
Gros bisous à tous à bientôt
sur les sentiers de la Savoie.
Viva Chasseurs Alpins
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| 2007 |
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Chris (1er)
Many thanks for a great week on Corsica!
And thanks to all the staff. I very much enjoyed
the experience.
Je
viens de passer une semaine reposante en faisant
mon jogging sur « Le GR20 en 5 jours »
en Corse.
Un
peloton de gens heureux, tous français
à part moi, un portugais et un belge.
Après
l’avoir parcouru en randonnée l’année
dernière en 60 heures, j’espérais
le boucler en 30 heures. En réalité
le meilleur que j’ai pu faire fut 31 heures
et 46 minutes, de Calenzana dans le nord-ouest
à Conca dans le sud-est. Seulement 5 des
12 coureurs ont pu terminer le parcours.
Chaque
jour j’étais en moyenne à
environ 2 heures devant le second, Christian Dubois,
donc je suppose que j’avais environ 10 heures
d’avance à la fin du 5e jour.
Heureusement
le temps était parfait, rien à voir
avec le mauvais temps qu’ils ont eu l’année
dernière.
Le
record pour ce parcours, couru en non-stop, fut
d’abord établi par Jean-François
Luciani en 37h07m. Il est maintenant tenu par
Pierre Santucci en 36h53m.
12
septembre – 1er étape : Calenzana
– Haut Asco
23 km, 2900m de dénivelé +, 5h29m
Après quelques photos de groupe, le GR20
en 5 Jours commence à Calenzana à
8h12. La route grimpe en pente raide à
travers le village avant de devenir un vrai chemin
de terre. J’ai commencé rapidement
à courir seul. Mon objectif temps était
d’environ 5 heures, mais c’était
plutôt optimiste. Je suis arrivé
au refuge d’Ortu di u Piobbu en 1h53m, puis
j’ai perdu du temps après le deuxième
refuge à Carrozu à cause d’un
gardien fou qui refusait de donner de l’eau
aux randonneurs et avait fermé à
clé les robinets du réservoir d’eau.
Cela fut un problème pour le plupart, même
pour moi.
13
septembre – 2e étape : Haut Asco
– Castel di Verghio
22 km, 1700m de dénivelé +, 3h46m
La seule étape qui peut être décrite
comme « facile », courte, avec un
itinéraire aisé à suivre.
Le jour apparaît au début de la piste
et puis j’entre dans une forêt de
pins et grimpe 850m pour rejoindre le premier
col en 49 minutes. Je traverse le col qui plonge
ensuite dans les profondeurs du Cirque de la Solitude.
Un endroit sombre, cauchemardesque avec chaînes
et échelles. 29 minutes plus tard j’ai
atteint le deuxième col, suivi d’une
descente rocheuse de 900m vers la Bergerie de
Ballone.
Ensuite
c’est un parcours relativement plat et courable
à travers une forêt de pins épars
avant de se retrouver sur une autre montée
rocheuse de 600m et encore une descente rapide.
La dernière section de forêt est
constamment ondoyante et demande beaucoup d’efforts
pour la courir en continue. J’étais
content d’arriver à l’hôtel
Castel di Verghio en moins de 4 heures, et surtout
2 minutes avant midi pour pouvoir passer une après-midi
complète de repos !
14
septembre – 3e étape : Castel di
Verghio – Vizzavona
44 km, 2600m de dénivelé +, 7h32m
J’ai démarré l’étape
une heure après les autres pour leur donner
un départ avantagé. J’ai dépassé
7 des 11 coureurs avant d’atteindre le refuge
de Managanu en environ 1h55m. Et puis j’ai
dépassé Christophe, Marc et Manu
sur la montée vers Brèche Capitellu,
le point culminant du GR20. La crête après
la brèche est assez délicate et
technique, donc il m’a fallut un petit moment
avant de rattraper et de dépasser Christian
sur la descente vers le refuge de Petra Piana.
La descente en dessous de Petra Piana était
beaucoup plus dure et beaucoup moins courable
que je l’avais prévu. Ma montre affichait
5 heures quand j’ai commencé la longue
et lente montée vers l’Onda et une
autre toujours en montant vers le Col Muratello.
15
septembre – 4e étape : Vizzavona
– Rau Forcinchesi
54 km, 3100m de dénivelé +, 8h47m
L’étape la plus longue depuis notre
départ, et en effet une distance que je
n’ai jamais fait auparavant. J’ai
quitté Vizzavona à 7h20, un demi-heure
après les autres 5 coureurs qui ont opté
pour faire la distance en une seule étape
– Christian, Manu, Marc, Christophe et Lionel.
J’ai rejoint Lionel un peu plus loin dans
la première grimpée, puis petit
à petit j’ai dépassé
les autres, et finalement j’ai rejoint Christian
un peu avant la dernière section de forêt
avant le Col di Verde.
16
septembre – 5e étape : Rau Forcinchesi
- Conca
35 km, 1700m de dénivelé +, 6h11m
La dernière étape a été
beaucoup plus exigeante que je l’avais prévu.
La journée commença juste de l’autre
coté d’un pont suspendu près
de notre campement avec une montée de 700m
sur la Monte Incudine (2134m), le seul vrai sommet
de ce GR20. Des plaques de granit et une croix
cassée se situent à son sommet.
Ensuite une descente raide et tortueuse vers le
refuge Asinau, puis encore des descentes raides
et tortueuses pour traverser une rivière
avant un long contournement pour atteindre le
Col de Bavella. Cette section entière était
beaucoup plus dure et longue que je ne l’imaginais.
Finalement j’ai atteint la dernière
courte montée pour arriver au Col Bavella
au milieu de touristes et groupes d’autobus.
C’était un grand soulagement de voir
Karine et l’équipe de Cap ‘Orn
avec de l’eau et du Coca. J’étais
surpris il m’a fallu seulement 3h30 pour
arriver au col, j’avais prévu plutôt
un peu plus de 2h30 ! Mais il n y avait pas grande
chose à faire sauf de continuer vers I
Paliri avec une concentration accrue pour ne pas
louper les bifurcations dans la forêt.
La
piste pour Paliri n’est faite que de courtes
sections courables. J’ai pris de l’eau
à la source avant le refuge et j’ai
redémarré sur la dernière
section vers Conca. Cette voie est vraiment difficile
et bizarre à suivre. La piste est rarement
dégagée et le sol difficile à
courir. Chaque section a pris plus de temps que
prévu et ce fut presque 6 heures plus tard
que j’atteignais le dernier col qui domine
Conca. J’ai parcouru la dernière
descente en 10 minutes, avec une dernière
forte descente sur bitume pour l’arrivée
au gîte d’étape La Tonnelle,
et la fin du GR20.
Christophe
(3ème)
J'ai
adoré !!! Ça a bien puisé
dans mes ressources et je pense en avoir appris
un peu plus sur moi, les limites de mon physique
et mon mental.
Le STAFF médicale est pour beaucoup dans
ce "dépassement de soi" et il
nous à tous permis je crois de repartir
dans de super conditions physiques donc morales
le matin ....
Je voulais aussi remercier le reste de l'équipe,
dont toi-même (organisateur) pour le contact
facile, la bonne humeur et la disponibilité
de chacun. Je te le répète, une
super expérience pour ma part.
Le format familiale de 13 participants (et je
pense qu'à 35, ce climat ne changera pas)
est idéal. On a réellement l'impression
d'être un groupe, une famille, coureurs
et staff compris.
Le principe d'autonomie totale sur le parcours
est évidement à conserver à
mon sens. De même, avec du recul (et moins
de fatigue) je pense qu'il était très
appréciable de toujours évoluer
libre. Par cela j'entends sans trop de gardes
fous qui s'imposent de plus en plus sur ce genre
d'épreuve avant tout nature.
Le malaise de manu restera, étant le premier
à arriver sur lieu, partie intégrante
de mon aventure. Je pense qu'il a appris quelque
chose ce jour là lui aussi. Heureusement
la fin fut heureuse.
Le but de cette épreuve reste à
mon sens de se découvrir. Comme le dit
ton site: "le GR20, vous le ferez autant
qu'il vous fera".
Comme seul point à améliorer, pour
l'avoir vécu, il est frustrant de ne pas
joindre l'organisation quand un problème
arrive. Comme solution, on en avait déjà
discuté et c'est pour cela que je ne vais
pas m'étendre, un standard toujours joignable
ou des lieux d'arrivée d'étape (même
en bivouac), toujours desservi par les différents
opérateurs téléphonique.
Enfin solution ultime, ce que tu testes d'ailleurs
sur une autre épreuve, un GPS dans chaque
sac.
Voilà, mon sentiment général
reste une satisfaction énorme et une envie
de recommencer ce genre d'épreuve sur d'autre
terrain bien sure.
Marc (4ème)
Quelle
semaine!
Ces 5 jours de promenade sur le GR résonnent
encore par le calme des prairies, la douceur des
baignades dans les rivières et les senteurs
florales des forêts.
Le matin après une longue nuit stretching
et étirements avant de partir pour la douce
randonnée quotidienne dans les sentiers
corse,nos guides accompagnateurs corse Hélène
et Bernard sont toujours là pour nous tenir
la mains quand la pente devient trop raide et
à la fin de chaque étape les G.O
Eric et Sébastien (chanteurs polyphoniques
corse) nous accueillent chaleureusement avec le
sourire aux lèvres, un bon bain relaxant
et nous passons entre les mains de Magali notre
kiné, Olivier l'ostéo, Karine la
podologue qui vous redonnent nos jambes de 20
ans.
L'adjudant chef Didier au briefing du soir nous
donne les activités du lendemain.
Voila en résumé quelques sensations
ressenties pendant cette semaine au club «
Cap’Orn » de corse.
Carine (la podo) rapport fait à
l’ANPS (Association Nationale des Podologues
du Sports)
Fabuleux
raid pédestre de 170Km avec quelques 10660m
de dénivelé, de quoi fatiguer et
mettre à l'épreuve les pieds de
traileurs plus ou moins avertis. Il s'agit de
l'intégrale du GR 20 en 5 étapes.
Sous le gentil titre de "randonnée
sportive" donné par l'organisation
de Cahors, Cap’Orn, se cache une épreuve
où l'amateurisme en matière d'entraînement
en dénivelé à difficilement
sa place...
L'équipe médicale, composée
d'un médecin, une kiné, un ostéo,
une infirmière et une podologue, n'est
pas en surnombre.
On retrouvera des pathologies très proches
des ultra trails, nécessitant des soins
curatifs après chaque étape jusqu'à
tard le soir... et également tôt
le matin avant le départ d'une nouvelle
journée....
Journée de course parfois très longue
pour ceux qui auront la malchance d'arriver pendant
la nuit... la frontale pour seul compagnon à
détecter la petite peinture rouge et blanche
balisant ce GR, tantôt au sol sur des cailloux
plus ou moins visibles... tantôt dans les
arbres en forets où la visibilité
devient plus réduite... l'allure aussi...et
les pieds choquent beaucoup plus contre les cailloux,
ampoules et hématomes étaient bien
au rendez-vous!! !!
Superbe souvenir, expérience enrichissante
et découverte d'un GR très particulier.
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| 2006 |
De
Guy "le Marseillais"
second au scratch |
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1ère étape
:
Calenzana-Ascu
22km, 3100+, 2000-
Départ de Calenzana à
8h30 après un petit transfert en bus.
L’arrivée sur Calenzana nous laisse
entrevoir les hostilités de la journée.
Le massif montagneux semble abrupt, sans compromis.
8h30 Le départ est donnée. Dès
les premiers mètres la pente se raidie.
Aussitôt un petit groupe de 3 coureurs (Patrick,
Gilles et moi-même) prend la tête.
Une petite descente permet à Gilles et
moi-même de creuser l’écart
sur Patrick. Mais l’ascension reprend. Le
sentier est de plus en plus raide et escarpé.
L’écart s’est déjà
creusé avec les autres coureurs. Un petit
raidillon permet à Gilles (très
à l’aise dans les passages techniques)
de prendre la tête. Il avance rapidement
100 m devant moi. J’arrive péniblement
à maintenir l’écart. Avant
l’arrivée sur la crête de FUCU,
le Gr20 tourne brusquement à droite, signalé
uniquement par un cairn un peu plus haut. Cependant
un sentier continue aussi dans le prolongement
du GR. Gilles ne fait pas attention et s’engage
dans la descente. Le temps que je m’aperçoive
de son erreur qu’il est déjà
hors de portée. Je prends à droite
tout seul en tête. Par la suite nous apprendrons
que de nombreux concurrents ont fait la même
erreur.
Le chemin devient plus plat à flanc de
montagne. Je décide d’accélérer
le rythme jusqu’au refuge de Piobbu.
Gilles me rattrape alors juste avant la Mandriaccia.
Il me dépasse. Je ne peux que le laisser
partir dans la montée vers le col d’Avortolli.
Je fais un peu plus calmement la descente sur
le refuge de Carrozu. La prochaine montée
est longue (1000m d+) et le GR ne fait que commencer.
Je franchis rapidement la passerelle du refuge
(à la stupeur des randonneurs) pour attaquer
la dernière ascension. Gilles est déjà
bien loin. Je ne le vois même plus. Enfin
la crête arrive. J’aperçois
le village d’Ascu signifiant l’arrivée.
Je descends, en contrôlant pour ne pas trop
traumatiser mes jambes pour ce premier jour, jusqu’à
la station de ski.
Résultat 6h15.
2ème étape
:
Ascu-Castellu di Vergio.
21km, 2000+, 2000-
La petite étape du GR20
mais aussi la plus technique puisqu’elle
comprend le fameux cirque de la solitude.
Au petit matin, les mines des concurrents ne sont
pas réjouies. En effet le temps est très
frais, il pleut et le massif est bouché.
Lors du briefing, Didier Chaussade donne les consignes
: » La course partira mais en binôme
pour le passage du cirque. »
Je me retrouve donc au départ avec Gilles,
mon compagnon de la veille.
Le départ (encore une fois) se fait sur
les chapeaux de roues. Aussitôt l’écart
se creuse entre notre binôme et les autres
coureurs. La montée sur le cirque se fait
à très bon rythme (plus de 1000m
positif/heure). Il faut dire que la pluie et le
froid ne donne pas envie de s’attarder.
Nous rentrons dans le cirque de la solitude à
peine en 1 h de course. Sa réputation de
passage technique n’est pas usurpée.
En effet les parois sont abruptes et la pluie
battante ruisselant donne l’impression de
grimper dans une cascade. Gilles est toujours
aussi bien sur ce type de terrain. Il donne le
rythme sautant d’arête en arête.
En 1h40 nous atteignons le 1er refuge (Tighiettu).
Le GR nous fait alors traverser plusieurs fois
des ruisseaux qui avec les conditions climatiques
sont devenus de véritables torrents. Il
faut alors bien choisir son passage pour se mouiller
au minimum les pieds. Même si le sentier
reste à flanc, la nature du terrain (pierriers
et rochers) ne nous permet pas de courir relâcher.
L’attention est de chaque instant. La montée
jusqu’au refuge de Ciuttolu se fait sur
des gros blocs de pierre, toujours sous la pluie,
mais adhérents assez bien à notre
grande surprise.
Nous redescendons ensuite dans une petite vallée
en longeant un cours d’eau très actif.
Celui-ci nous vaut d’ailleurs quelques frayeurs
lors des multiples traversées.
Enfin un petit panneau affiche Col de Vergio signifiant
l’arrivée. Heureusement car la pluie
et le froid ont fatigués les organismes
et le coup de fringale guète.
Il est 11h58, nous arrivons à la station.
Super on va pouvoir se faire un petit repas.
Je mange donc en tête à tête
avec Gilles. Cela nous permet de faire un peu
plus connaissance.
Résultat 4h58
3ème
Etape :
Castel di Vergio- Vizzavona
44km, 3100+, 3591-
L’étape
s’annonce longue. La température
a chuté de quelques degrés au petit
matin. De plus, le vent s’est levé.
Cependant rien au départ ne laisse présagé
les heures à venir.
Le départ se fait en masse joyeusement.
Le rythme s’est calmé au fils des
jours. Les concurrents courent ensembles sur les
premiers kilomètres. C’est un petit
sentier en sous bois bien agréable après
les pierriers que l’on a connu sur les étapes
précédentes. La première
montée arrive. Le rythme reprend un peu.
Il faut dire que cette étape comporte une
porte horaire à 14h à la cascade
de Meli. Cette porte semble difficile à
passer. Dans tous les cas, il ne faut pas trop
traîner. Les concurrents de tête le
savent. Le passage de la première montée
se fait ensemble (5 concurrents). Par contre dès
la première descente, Gilles et moi-même
creusons l’écart. Gilles m’impressionne
toujours autant en descente, sautant de rocher
en rocher, ces trajectoires sont précises,
toujours justes, et ses appuies infaillibles.
Pour ma part, les jambes, au troisième
jours, sembles un peu traumatisées de l’étape
de la veille menée tambour battant. Rapidement
mes sensations s’avèrent justes.
Je peine à suivre Gilles.
Dans
la descente sur le lac de Nino, il me lâche.
Même la longue course, sur le sentier «
écossais », au milieu des ruisseaux,
chevaux sauvages et brouillard, ne me permet pas
de revenir sur lui. De plus, le vent, de plus
en plus présent, me glace les jambes, ne
favorisant pas le rendement musculaire. La brume
envahit tout le massif à partir du refuge
de Manganu. Le froid est alors de plus en plus
saisissant (surtout pour un marseillais). Je perds
Gilles de vue dans la montée vers la brèche
de Capitelo. Ce passage sur la crête jusqu’à
Punta Muzzella est pour moi interminable.
Tout seul dans la brume, le vent, et la pluie
sur cette arête toujours aussi technique,
la progression est lente. Le froid me tétanise.
La veste gore tex ne suffit pas à me réchauffer.
Ce passage sera pour moi le plus dur du GR20.
C’est dans ces moments là que la
notion de Raid prend toute son envergure. Il ne
faut plus réfléchir, il faut progresser
sans perdre de temps. Ne jamais s’arrêter
pour ne pas se refroidir. De plus la porte horaire
se ferme de plus en plus. Il me faut presque 2h
pour sortir de cette maudite crête et plonger
vers le refuge de Petra Piana. Mais le mal est
fait. Les jambes sont de plus en plus dures et
le moral bien bas. Des douleurs aux genoux se
réveillent par la fatigue et le froid.
Arrivée au refuge, il reste à peine
1h pour passer la porte horaire. Un long chemin
descendant, le long d’un ruisseau, permet
d’arrivée à ce point tant
attendu. Mais à son habitude, le sentier
du Gr n’est pas roulant. Des pierres, toujours
des pierres. La concentration doit être
maintenue malgré la fatigue. 13h45 (soit
15’ avant la fermeture de la porte), j’arrive
enfin à la porte horaire et la pluie redouble
d’intensité. Gilles est déjà
parti à l’assaut de Ponte Muratello
(patate de 1200m positif, l’ascension se
faisant constamment sur la crête).
L’étude du profil faite la veille
ainsi que les conditions climatiques me font renoncer
à partir seul sur cette dernière
section. J’attends donc les concurrents
suivants.
Une heure après moi « le couple du
GR20 », (Kim et Bruno –mais tout le
monde avait deviné), et Patrick arrivent.
Ils semblent bien éprouvés eux aussi
par le passage précédent. Malgré
l’autorisation (voir l’encouragement)
donnée par Didier Chaussade (l’organisateur)
pour faire la dernière section ensemble,
nous décidons collégialement d’arrêter
là.
La
course est alors neutralisée.
Gilles sera donc le seul à finir cette
étape. Il arrivera 3h plus tard à
Vizzavona marqué par cette étape.
Ces capacités, encore une fois, forcent
l’admiration. Le récit de son ascension
et des conditions de la descente nous rassure.
Je pense alors que nous avons fait le bon choix.
Résultat 6h30 (15km et 1200+ non effectués).
4ème
Etape :
Vizzavona-Rau Forcinchesi
Annoncé 54km, 4000+, 3300-
Réalisé 38km, 3000+, 2000-
C’était
la grosse étape prévue sur le GR20.
Cependant les conditions dantesques des jours
précédents modifient quelque peu
le parcours. Un bivouac était prévu
sur cette étape, mais la route forestière
permettant à la logistique de rejoindre
le GR est impraticable (le ruisseau devenu un
torrent est infranchissable pour les camions).
Le bivouac se fera donc sur une crête à
1500m d’alt au 38ième km.
Cela veut dire aussi que l’étape
de demain fera 16 km de plus.
L’étape de la veille a laissé
des traces et en prévision de celle de
demain, je décide de faire la course avec
« le couple », kim et Bruno, troisième
au classement.
Le départ se fait par un petit sentier
de terre (enfin, ça existe aussi sur le
GR20), permettant d’allonger la foulée
mais nécessitant des relances constant
par son profil type tôle ondulée.
Il y a encore une porte horaire à 14hj
au col de Verde.
Gilles part rapidement devant.
La végétation depuis Vizzavona a
changé le GR passe beaucoup plus en sous
bois, le massif est moins abrupt et laisse découvrir
de large vallée.
Devant Kim, Bruno, Patrick, et Claude, je mène
le rythme, les obligeant parfois à être
en surrégime. Je relance souvent et Kim
enchaîne, entraînant le reste du groupe.
Notre club des 5 avance bien. Si bien qu’à
la crête de Caroo nous reprenons Gilles
en visu. Je force un peu plus le rythme pour recoller
à lui. L’étape de la veille
a laissé aussi des traces sur lui. Cela
le rend un peu plus humain. Il faut dire qu’il
a fait quand même 3h de plus que nous et
1200+)
Encore une fois dès la première
descente vers le pont de Cassacie, Gilles et moi-même
lâchons le groupe de Kim, Bruno, Patrick
et Claude. Le sentier, vers le col de Verde est
interminable, pratiquement sur la même courbe
de niveau mais en dents de scie. Nous passons
au col à 11h58. Personne n’est présent
à cette porte horaire, nous enchaînons
sur la montée vers Punta Cappela. Le vent
est toujours la, mais la température est
plus clémente que les jours précédents.
Le bivouac doit se faire au pied d’un pylône
EDF. Lors du passage au sommet de Punta di Campitelli
nous l’apercevons. Il nous faudra cependant
encore presque 45’ pour l’atteindre.
L’arrêt de la course se fera donc
500 m après Bocca di Laparo
Résultat 6h53.
A
l’arrivée, une dizaine de tentes
sont installées sur la crête. Le
vent commence à souffler de plus en plus
fort.
A peine le temps de se changer, en profitant d’un
rayon de soleil, de se faire masser dans le camion
transformé pour l’occasion en cabinet
de soins, que la brume envahie le site. Tout le
monde regagne alors en binôme sa tente,
en attendant le repas, ayant lieu dans une cabane
de chasseur, en contrebas, dans la forêt.
Cette fois, je partage la tente avec Gilles. Au
fil des étapes les liens se créent.
Je découvre alors quelqu’un avec
un beau palmarès mais d’une grande
modestie et humilité. Il faut presque le
harceler de questions pour qu’il raconte
ses exploits (1er à la Grande traversée
des Alpes, Himalaya Race …)
Le
repas sera très convivial malgré
le froid toujours présent.
5ème
étape
Bocca di Laparo-Conca
Prévu 33km, 1868+, 3255-
Réalisé 49km, 2800+, 4500-
Nous
devons rattraper, sur cette étape, les
16 km non parcourus la veille. Cette dernière
étape devient donc monstrueuse pour ces
4500m de dénivelé négatifs
et sa distance.
En sortant de la tente nous avons l’impression
de sortir en haute montagne. Le brouillard empêche
de voir à plus de 50m le vent souffle à
70km/h environ. La pluie présente toute
la nuit a cessé.
Le départ se fait à 6h30 à
la lueur des lampes frontales. Une porte horaire
est instaurée à 14h au col de Bavella.
Cette fois je ne me suis pas fais surprendre par
le froid. Je pars avec bonnet, gant, polaire,
veste et pantalon Goretex. Les deux premiers kilomètres
se font côté Est de la crête
et donc à l’abri du vent. Mais le
bruit dans le feuillage nous laisse imaginer le
temps qui nous attend sur les hauteurs.
Nous ne nous trompons pas. Le passage sur l’arête
de Manda est très exposé. Le vent
est terrible. On ne voit toujours pas à
plus de 50 m. Rapidement les concurrents se trouvent
distancés de nous (Gilles et moi). La première
crête est vite avalée. Nous pouvons
enfin, avant le mont Incudine, dérouler
un peu. Nous traversons l’endroit où
nous aurions dû faire le bivouac. Avec beau
temps le site aurait été exceptionnel.
Rapidement la pente devient plus raide, plus de
pierres aussi. Nous passons maintenant sur la
crête du mont pour l’ascension sommitale.
Le brouillard et le vent sont toujours là.
La pluie arrive aussi. Nous voyons à peine
la croix située au sommet du mont Incudine.
Le froid est là mais nous savons que dès
la descente côté Est nous serons
à l’abri du vent. La veille, en étudiant
la carte, j’avais vu que la descente était
perpendiculaire à la courbe de niveau.
C’est bien cela. C’est une succession
de dalles abrupts et humide. Nous descendons droit
dans la pente en flexion constante sur les jambes.
Les quadriceps brûlent et l’on sent
que des traumatismes sont en train de se créer.
Cependant nous ne devons pas baisser le rythme
car aujourd’hui la porte horaire est proche.
La descente est vite expédiée. La
pluie devient de plus en plus forte. Lorsque nous
arrivons au refuge Asinau, nous sommes trempés.
Nous pensons alors aux autres concurrents, qui
doivent être dans l’ascension du mont
Incudine, avec le vent le froid et en plus la
pluie. Nous contournons maintenant les aiguilles
de Bavella. Nous sommes descendus de plus de 1000m
d’altitude. La pluie a cessé et le
vent faibli. Nous en profitons pour ôter
quelques couches de vêtement. Sur la carte,
ce sentier, jusqu’au col de Bavella, semblait
roulant, à flanc de colline. Mais à
son habitude le GR20 en a décidé
autrement. Le sentier est en fait en tôle
ondulé et amas de bloc rocheux. Nous comprenons
alors avec Gilles que nous serons les seuls à
passer la porte horaire.
13h15 nous arrivons enfin au col. Le vent est
toujours là mais le soleil apparaît.
Guilhem, l’osteo du staff nous a rejoint
pour faire avec nous la dernière section.
Nous repartons de plus belle. Le moral est bon
mais les jambes commencent à accuser la
descente du Mont Incudine. La nuit sous la tente
n’a pas été très récupératrice.
Jusqu’au refuge de Paliri, tout va bien
même si les descentes me font de plus en
plus mal aux jambes.
Au fil des kilomètres le mal empire. La
fin du parcours me semble interminable. A chaque
pas mes quadriceps me font mal. Le sentier est
une succession de montées (+100m positifs)
et de descentes. Je ne peux plus courir. Je dis
alors à Gilles de finir la course tout
seul devant, mais il préfère rester
avec moi pour finir ensemble cette aventure. Enfin
le village de Conca est visible. La dernière
descente se fera dans la douleur mais aussi la
joie de finir, mélange de sensations que
peut être seul le sport peut provoquer.
Sur le dernier kilomètre de route, j’essaie
de courir (le prestige peut être). L’arrivée
approche 500m, 200m. Mes jambes me font mal. Chaque
foulée est une douleur.
Enfin nous apercevons l’arrivée.
Gilles est derrière moi, toujours en retrait,
toujours grand. Nous finissons ensemble cette
belle aventure.
Epilogue
:
Ce
GR est vraiment superbe mais sans compromis surtout
lorsqu’on l’avale en 5 jours. Le sol
est technique (pierres, montées descentes
toujours très abrupt. Les quelques panoramas
dégagés que l’on a vu laissent
imaginer tout le potentiel du site.
Cette
aventure fut une incroyable aventure humaine.
Des concurrents tous supers, Tous d’excellents
coureurs sans fioriture comme on en voit que sur
des trails. Gilles fut l’exemple même.
Il aurait pu gagner haut la main toutes les étapes.
Mais il a préféré faire la
course avec moi. Au fil des étapes et des
efforts ce coureur peu bavard s’est livré.
C’est vraiment une personne exceptionnelle
que j’ai découverte. Il incarne à
lui seul ce que le trail est. Humilité,
dépassement de soi et respect des autres.
Merci à toi.
Merci
aussi au staff, dont l’organisation a su
s’adapter à des conditions climatiques
terribles. Il fallait avoir l’expérience
mais aussi la passion pour prendre les initiatives
qui nous ont amener au bout de ce GR. Beaucoup
d’autres organisations auraient stoppé
cette course.
Merci
aussi au staff médical qui tous les soirs
nous bichonnait pour nous remettre en forme (Merci
Deborah)
Seul
regret de ce GR, ne pas avoir fait l’ascension
de Ponte Muratello.
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