IlS ont dit....

 
 
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2007  
 

Chris (1er)

Many thanks for a great week on Corsica!
And thanks to all the staff. I very much enjoyed the experience.

Je viens de passer une semaine reposante en faisant mon jogging sur « Le GR20 en 5 jours » en Corse.

Un peloton de gens heureux, tous français à part moi, un portugais et un belge.

Après l’avoir parcouru en randonnée l’année dernière en 60 heures, j’espérais le boucler en 30 heures. En réalité le meilleur que j’ai pu faire fut 31 heures et 46 minutes, de Calenzana dans le nord-ouest à Conca dans le sud-est. Seulement 5 des 12 coureurs ont pu terminer le parcours.

Chaque jour j’étais en moyenne à environ 2 heures devant le second, Christian Dubois, donc je suppose que j’avais environ 10 heures d’avance à la fin du 5e jour.

Heureusement le temps était parfait, rien à voir avec le mauvais temps qu’ils ont eu l’année dernière.

Le record pour ce parcours, couru en non-stop, fut d’abord établi par Jean-François Luciani en 37h07m. Il est maintenant tenu par Pierre Santucci en 36h53m.

12 septembre – 1er étape : Calenzana – Haut Asco
23 km, 2900m de dénivelé +, 5h29m
Après quelques photos de groupe, le GR20 en 5 Jours commence à Calenzana à 8h12. La route grimpe en pente raide à travers le village avant de devenir un vrai chemin de terre. J’ai commencé rapidement à courir seul. Mon objectif temps était d’environ 5 heures, mais c’était plutôt optimiste. Je suis arrivé au refuge d’Ortu di u Piobbu en 1h53m, puis j’ai perdu du temps après le deuxième refuge à Carrozu à cause d’un gardien fou qui refusait de donner de l’eau aux randonneurs et avait fermé à clé les robinets du réservoir d’eau. Cela fut un problème pour le plupart, même pour moi.

13 septembre – 2e étape : Haut Asco – Castel di Verghio
22 km, 1700m de dénivelé +, 3h46m
La seule étape qui peut être décrite comme « facile », courte, avec un itinéraire aisé à suivre. Le jour apparaît au début de la piste et puis j’entre dans une forêt de pins et grimpe 850m pour rejoindre le premier col en 49 minutes. Je traverse le col qui plonge ensuite dans les profondeurs du Cirque de la Solitude. Un endroit sombre, cauchemardesque avec chaînes et échelles. 29 minutes plus tard j’ai atteint le deuxième col, suivi d’une descente rocheuse de 900m vers la Bergerie de Ballone.

Ensuite c’est un parcours relativement plat et courable à travers une forêt de pins épars avant de se retrouver sur une autre montée rocheuse de 600m et encore une descente rapide. La dernière section de forêt est constamment ondoyante et demande beaucoup d’efforts pour la courir en continue. J’étais content d’arriver à l’hôtel Castel di Verghio en moins de 4 heures, et surtout 2 minutes avant midi pour pouvoir passer une après-midi complète de repos !

14 septembre – 3e étape : Castel di Verghio – Vizzavona
44 km, 2600m de dénivelé +, 7h32m
J’ai démarré l’étape une heure après les autres pour leur donner un départ avantagé. J’ai dépassé 7 des 11 coureurs avant d’atteindre le refuge de Managanu en environ 1h55m. Et puis j’ai dépassé Christophe, Marc et Manu sur la montée vers Brèche Capitellu, le point culminant du GR20. La crête après la brèche est assez délicate et technique, donc il m’a fallut un petit moment avant de rattraper et de dépasser Christian sur la descente vers le refuge de Petra Piana. La descente en dessous de Petra Piana était beaucoup plus dure et beaucoup moins courable que je l’avais prévu. Ma montre affichait 5 heures quand j’ai commencé la longue et lente montée vers l’Onda et une autre toujours en montant vers le Col Muratello.

15 septembre – 4e étape : Vizzavona – Rau Forcinchesi
54 km, 3100m de dénivelé +, 8h47m
L’étape la plus longue depuis notre départ, et en effet une distance que je n’ai jamais fait auparavant. J’ai quitté Vizzavona à 7h20, un demi-heure après les autres 5 coureurs qui ont opté pour faire la distance en une seule étape – Christian, Manu, Marc, Christophe et Lionel. J’ai rejoint Lionel un peu plus loin dans la première grimpée, puis petit à petit j’ai dépassé les autres, et finalement j’ai rejoint Christian un peu avant la dernière section de forêt avant le Col di Verde.

16 septembre – 5e étape : Rau Forcinchesi - Conca
35 km, 1700m de dénivelé +, 6h11m
La dernière étape a été beaucoup plus exigeante que je l’avais prévu. La journée commença juste de l’autre coté d’un pont suspendu près de notre campement avec une montée de 700m sur la Monte Incudine (2134m), le seul vrai sommet de ce GR20. Des plaques de granit et une croix cassée se situent à son sommet. Ensuite une descente raide et tortueuse vers le refuge Asinau, puis encore des descentes raides et tortueuses pour traverser une rivière avant un long contournement pour atteindre le Col de Bavella. Cette section entière était beaucoup plus dure et longue que je ne l’imaginais.


Finalement j’ai atteint la dernière courte montée pour arriver au Col Bavella au milieu de touristes et groupes d’autobus. C’était un grand soulagement de voir Karine et l’équipe de Cap ‘Orn avec de l’eau et du Coca. J’étais surpris il m’a fallu seulement 3h30 pour arriver au col, j’avais prévu plutôt un peu plus de 2h30 ! Mais il n y avait pas grande chose à faire sauf de continuer vers I Paliri avec une concentration accrue pour ne pas louper les bifurcations dans la forêt.

La piste pour Paliri n’est faite que de courtes sections courables. J’ai pris de l’eau à la source avant le refuge et j’ai redémarré sur la dernière section vers Conca. Cette voie est vraiment difficile et bizarre à suivre. La piste est rarement dégagée et le sol difficile à courir. Chaque section a pris plus de temps que prévu et ce fut presque 6 heures plus tard que j’atteignais le dernier col qui domine Conca. J’ai parcouru la dernière descente en 10 minutes, avec une dernière forte descente sur bitume pour l’arrivée au gîte d’étape La Tonnelle, et la fin du GR20.

Christophe (3ème)

J'ai adoré !!! Ça a bien puisé dans mes ressources et je pense en avoir appris un peu plus sur moi, les limites de mon physique et mon mental.
Le STAFF médicale est pour beaucoup dans ce "dépassement de soi" et il nous à tous permis je crois de repartir dans de super conditions physiques donc morales le matin ....
Je voulais aussi remercier le reste de l'équipe, dont toi-même (organisateur) pour le contact facile, la bonne humeur et la disponibilité de chacun. Je te le répète, une super expérience pour ma part.
Le format familiale de 13 participants (et je pense qu'à 35, ce climat ne changera pas) est idéal. On a réellement l'impression d'être un groupe, une famille, coureurs et staff compris.
Le principe d'autonomie totale sur le parcours est évidement à conserver à mon sens. De même, avec du recul (et moins de fatigue) je pense qu'il était très appréciable de toujours évoluer libre. Par cela j'entends sans trop de gardes fous qui s'imposent de plus en plus sur ce genre d'épreuve avant tout nature.
Le malaise de manu restera, étant le premier à arriver sur lieu, partie intégrante de mon aventure. Je pense qu'il a appris quelque chose ce jour là lui aussi. Heureusement la fin fut heureuse.
Le but de cette épreuve reste à mon sens de se découvrir. Comme le dit ton site: "le GR20, vous le ferez autant qu'il vous fera".
Comme seul point à améliorer, pour l'avoir vécu, il est frustrant de ne pas joindre l'organisation quand un problème arrive. Comme solution, on en avait déjà discuté et c'est pour cela que je ne vais pas m'étendre, un standard toujours joignable ou des lieux d'arrivée d'étape (même en bivouac), toujours desservi par les différents opérateurs téléphonique. Enfin solution ultime, ce que tu testes d'ailleurs sur une autre épreuve, un GPS dans chaque sac.

Voilà, mon sentiment général reste une satisfaction énorme et une envie de recommencer ce genre d'épreuve sur d'autre terrain bien sure.


Marc (4ème)

Quelle semaine!
Ces 5 jours de promenade sur le GR résonnent encore par le calme des prairies, la douceur des baignades dans les rivières et les senteurs florales des forêts.
Le matin après une longue nuit stretching et étirements avant de partir pour la douce randonnée quotidienne dans les sentiers corse,nos guides accompagnateurs corse Hélène et Bernard sont toujours là pour nous tenir la mains quand la pente devient trop raide et à la fin de chaque étape les G.O Eric et Sébastien (chanteurs polyphoniques corse) nous accueillent chaleureusement avec le sourire aux lèvres, un bon bain relaxant et nous passons entre les mains de Magali notre kiné, Olivier l'ostéo, Karine la podologue qui vous redonnent nos jambes de 20 ans.
L'adjudant chef Didier au briefing du soir nous donne les activités du lendemain.
Voila en résumé quelques sensations ressenties pendant cette semaine au club « Cap’Orn » de corse.


Carine (la podo) rapport fait à l’ANPS (Association Nationale des Podologues du Sports)

Fabuleux raid pédestre de 170Km avec quelques 10660m de dénivelé, de quoi fatiguer et mettre à l'épreuve les pieds de traileurs plus ou moins avertis. Il s'agit de l'intégrale du GR 20 en 5 étapes.
Sous le gentil titre de "randonnée sportive" donné par l'organisation de Cahors, Cap’Orn, se cache une épreuve où l'amateurisme en matière d'entraînement en dénivelé à difficilement sa place...
L'équipe médicale, composée d'un médecin, une kiné, un ostéo, une infirmière et une podologue, n'est pas en surnombre.
On retrouvera des pathologies très proches des ultra trails, nécessitant des soins curatifs après chaque étape jusqu'à tard le soir... et également tôt le matin avant le départ d'une nouvelle journée....
Journée de course parfois très longue pour ceux qui auront la malchance d'arriver pendant la nuit... la frontale pour seul compagnon à détecter la petite peinture rouge et blanche balisant ce GR, tantôt au sol sur des cailloux plus ou moins visibles... tantôt dans les arbres en forets où la visibilité devient plus réduite... l'allure aussi...et les pieds choquent beaucoup plus contre les cailloux, ampoules et hématomes étaient bien au rendez-vous!! !!
Superbe souvenir, expérience enrichissante et découverte d'un GR très particulier.

   
2006 De Guy "le Marseillais"
second au scratch
 

1ère étape :
Calenzana-Ascu
22km, 3100+, 2000-

Départ de Calenzana à 8h30 après un petit transfert en bus.
L’arrivée sur Calenzana nous laisse entrevoir les hostilités de la journée. Le massif montagneux semble abrupt, sans compromis.
8h30 Le départ est donnée. Dès les premiers mètres la pente se raidie. Aussitôt un petit groupe de 3 coureurs (Patrick, Gilles et moi-même) prend la tête.
Une petite descente permet à Gilles et moi-même de creuser l’écart sur Patrick. Mais l’ascension reprend. Le sentier est de plus en plus raide et escarpé. L’écart s’est déjà creusé avec les autres coureurs. Un petit raidillon permet à Gilles (très à l’aise dans les passages techniques) de prendre la tête. Il avance rapidement 100 m devant moi. J’arrive péniblement à maintenir l’écart. Avant l’arrivée sur la crête de FUCU, le Gr20 tourne brusquement à droite, signalé uniquement par un cairn un peu plus haut. Cependant un sentier continue aussi dans le prolongement du GR. Gilles ne fait pas attention et s’engage dans la descente. Le temps que je m’aperçoive de son erreur qu’il est déjà hors de portée. Je prends à droite tout seul en tête. Par la suite nous apprendrons que de nombreux concurrents ont fait la même erreur.
Le chemin devient plus plat à flanc de montagne. Je décide d’accélérer le rythme jusqu’au refuge de Piobbu.
Gilles me rattrape alors juste avant la Mandriaccia. Il me dépasse. Je ne peux que le laisser partir dans la montée vers le col d’Avortolli. Je fais un peu plus calmement la descente sur le refuge de Carrozu. La prochaine montée est longue (1000m d+) et le GR ne fait que commencer. Je franchis rapidement la passerelle du refuge (à la stupeur des randonneurs) pour attaquer la dernière ascension. Gilles est déjà bien loin. Je ne le vois même plus. Enfin la crête arrive. J’aperçois le village d’Ascu signifiant l’arrivée. Je descends, en contrôlant pour ne pas trop traumatiser mes jambes pour ce premier jour, jusqu’à la station de ski.
Résultat 6h15.

2ème étape :
Ascu-Castellu di Vergio.
21km, 2000+, 2000-

La petite étape du GR20 mais aussi la plus technique puisqu’elle comprend le fameux cirque de la solitude.
Au petit matin, les mines des concurrents ne sont pas réjouies. En effet le temps est très frais, il pleut et le massif est bouché. Lors du briefing, Didier Chaussade donne les consignes : » La course partira mais en binôme pour le passage du cirque. »
Je me retrouve donc au départ avec Gilles, mon compagnon de la veille.
Le départ (encore une fois) se fait sur les chapeaux de roues. Aussitôt l’écart se creuse entre notre binôme et les autres coureurs. La montée sur le cirque se fait à très bon rythme (plus de 1000m positif/heure). Il faut dire que la pluie et le froid ne donne pas envie de s’attarder.
Nous rentrons dans le cirque de la solitude à peine en 1 h de course. Sa réputation de passage technique n’est pas usurpée. En effet les parois sont abruptes et la pluie battante ruisselant donne l’impression de grimper dans une cascade. Gilles est toujours aussi bien sur ce type de terrain. Il donne le rythme sautant d’arête en arête. En 1h40 nous atteignons le 1er refuge (Tighiettu). Le GR nous fait alors traverser plusieurs fois des ruisseaux qui avec les conditions climatiques sont devenus de véritables torrents. Il faut alors bien choisir son passage pour se mouiller au minimum les pieds. Même si le sentier reste à flanc, la nature du terrain (pierriers et rochers) ne nous permet pas de courir relâcher. L’attention est de chaque instant. La montée jusqu’au refuge de Ciuttolu se fait sur des gros blocs de pierre, toujours sous la pluie, mais adhérents assez bien à notre grande surprise.
Nous redescendons ensuite dans une petite vallée en longeant un cours d’eau très actif. Celui-ci nous vaut d’ailleurs quelques frayeurs lors des multiples traversées.
Enfin un petit panneau affiche Col de Vergio signifiant l’arrivée. Heureusement car la pluie et le froid ont fatigués les organismes et le coup de fringale guète.
Il est 11h58, nous arrivons à la station. Super on va pouvoir se faire un petit repas.
Je mange donc en tête à tête avec Gilles. Cela nous permet de faire un peu plus connaissance.
Résultat 4h58

3ème Etape :
Castel di Vergio- Vizzavona
44km, 3100+, 3591-

L’étape s’annonce longue. La température a chuté de quelques degrés au petit matin. De plus, le vent s’est levé. Cependant rien au départ ne laisse présagé les heures à venir.
Le départ se fait en masse joyeusement. Le rythme s’est calmé au fils des jours. Les concurrents courent ensembles sur les premiers kilomètres. C’est un petit sentier en sous bois bien agréable après les pierriers que l’on a connu sur les étapes précédentes. La première montée arrive. Le rythme reprend un peu. Il faut dire que cette étape comporte une porte horaire à 14h à la cascade de Meli. Cette porte semble difficile à passer. Dans tous les cas, il ne faut pas trop traîner. Les concurrents de tête le savent. Le passage de la première montée se fait ensemble (5 concurrents). Par contre dès la première descente, Gilles et moi-même creusons l’écart. Gilles m’impressionne toujours autant en descente, sautant de rocher en rocher, ces trajectoires sont précises, toujours justes, et ses appuies infaillibles. Pour ma part, les jambes, au troisième jours, sembles un peu traumatisées de l’étape de la veille menée tambour battant. Rapidement mes sensations s’avèrent justes. Je peine à suivre Gilles.

Dans la descente sur le lac de Nino, il me lâche. Même la longue course, sur le sentier « écossais », au milieu des ruisseaux, chevaux sauvages et brouillard, ne me permet pas de revenir sur lui. De plus, le vent, de plus en plus présent, me glace les jambes, ne favorisant pas le rendement musculaire. La brume envahit tout le massif à partir du refuge de Manganu. Le froid est alors de plus en plus saisissant (surtout pour un marseillais). Je perds Gilles de vue dans la montée vers la brèche de Capitelo. Ce passage sur la crête jusqu’à Punta Muzzella est pour moi interminable.
Tout seul dans la brume, le vent, et la pluie sur cette arête toujours aussi technique, la progression est lente. Le froid me tétanise. La veste gore tex ne suffit pas à me réchauffer. Ce passage sera pour moi le plus dur du GR20.
C’est dans ces moments là que la notion de Raid prend toute son envergure. Il ne faut plus réfléchir, il faut progresser sans perdre de temps. Ne jamais s’arrêter pour ne pas se refroidir. De plus la porte horaire se ferme de plus en plus. Il me faut presque 2h pour sortir de cette maudite crête et plonger vers le refuge de Petra Piana. Mais le mal est fait. Les jambes sont de plus en plus dures et le moral bien bas. Des douleurs aux genoux se réveillent par la fatigue et le froid.
Arrivée au refuge, il reste à peine 1h pour passer la porte horaire. Un long chemin descendant, le long d’un ruisseau, permet d’arrivée à ce point tant attendu. Mais à son habitude, le sentier du Gr n’est pas roulant. Des pierres, toujours des pierres. La concentration doit être maintenue malgré la fatigue. 13h45 (soit 15’ avant la fermeture de la porte), j’arrive enfin à la porte horaire et la pluie redouble d’intensité. Gilles est déjà parti à l’assaut de Ponte Muratello (patate de 1200m positif, l’ascension se faisant constamment sur la crête).
L’étude du profil faite la veille ainsi que les conditions climatiques me font renoncer à partir seul sur cette dernière section. J’attends donc les concurrents suivants.
Une heure après moi « le couple du GR20 », (Kim et Bruno –mais tout le monde avait deviné), et Patrick arrivent. Ils semblent bien éprouvés eux aussi par le passage précédent. Malgré l’autorisation (voir l’encouragement) donnée par Didier Chaussade (l’organisateur) pour faire la dernière section ensemble, nous décidons collégialement d’arrêter là.

La course est alors neutralisée.
Gilles sera donc le seul à finir cette étape. Il arrivera 3h plus tard à Vizzavona marqué par cette étape. Ces capacités, encore une fois, forcent l’admiration. Le récit de son ascension et des conditions de la descente nous rassure. Je pense alors que nous avons fait le bon choix.
Résultat 6h30 (15km et 1200+ non effectués).

4ème Etape :
Vizzavona-Rau Forcinchesi
Annoncé 54km, 4000+, 3300-
Réalisé 38km, 3000+, 2000-

C’était la grosse étape prévue sur le GR20. Cependant les conditions dantesques des jours précédents modifient quelque peu le parcours. Un bivouac était prévu sur cette étape, mais la route forestière permettant à la logistique de rejoindre le GR est impraticable (le ruisseau devenu un torrent est infranchissable pour les camions). Le bivouac se fera donc sur une crête à 1500m d’alt au 38ième km.
Cela veut dire aussi que l’étape de demain fera 16 km de plus.
L’étape de la veille a laissé des traces et en prévision de celle de demain, je décide de faire la course avec « le couple », kim et Bruno, troisième au classement.
Le départ se fait par un petit sentier de terre (enfin, ça existe aussi sur le GR20), permettant d’allonger la foulée mais nécessitant des relances constant par son profil type tôle ondulée. Il y a encore une porte horaire à 14hj au col de Verde.
Gilles part rapidement devant.
La végétation depuis Vizzavona a changé le GR passe beaucoup plus en sous bois, le massif est moins abrupt et laisse découvrir de large vallée.
Devant Kim, Bruno, Patrick, et Claude, je mène le rythme, les obligeant parfois à être en surrégime. Je relance souvent et Kim enchaîne, entraînant le reste du groupe. Notre club des 5 avance bien. Si bien qu’à la crête de Caroo nous reprenons Gilles en visu. Je force un peu plus le rythme pour recoller à lui. L’étape de la veille a laissé aussi des traces sur lui. Cela le rend un peu plus humain. Il faut dire qu’il a fait quand même 3h de plus que nous et 1200+)
Encore une fois dès la première descente vers le pont de Cassacie, Gilles et moi-même lâchons le groupe de Kim, Bruno, Patrick et Claude. Le sentier, vers le col de Verde est interminable, pratiquement sur la même courbe de niveau mais en dents de scie. Nous passons au col à 11h58. Personne n’est présent à cette porte horaire, nous enchaînons sur la montée vers Punta Cappela. Le vent est toujours la, mais la température est plus clémente que les jours précédents.
Le bivouac doit se faire au pied d’un pylône EDF. Lors du passage au sommet de Punta di Campitelli nous l’apercevons. Il nous faudra cependant encore presque 45’ pour l’atteindre. L’arrêt de la course se fera donc 500 m après Bocca di Laparo
Résultat 6h53.

A l’arrivée, une dizaine de tentes sont installées sur la crête. Le vent commence à souffler de plus en plus fort.
A peine le temps de se changer, en profitant d’un rayon de soleil, de se faire masser dans le camion transformé pour l’occasion en cabinet de soins, que la brume envahie le site. Tout le monde regagne alors en binôme sa tente, en attendant le repas, ayant lieu dans une cabane de chasseur, en contrebas, dans la forêt.
Cette fois, je partage la tente avec Gilles. Au fil des étapes les liens se créent. Je découvre alors quelqu’un avec un beau palmarès mais d’une grande modestie et humilité. Il faut presque le harceler de questions pour qu’il raconte ses exploits (1er à la Grande traversée des Alpes, Himalaya Race …)

Le repas sera très convivial malgré le froid toujours présent.

5ème étape
Bocca di Laparo-Conca
Prévu 33km, 1868+, 3255-
Réalisé 49km, 2800+, 4500-

Nous devons rattraper, sur cette étape, les 16 km non parcourus la veille. Cette dernière étape devient donc monstrueuse pour ces 4500m de dénivelé négatifs et sa distance.
En sortant de la tente nous avons l’impression de sortir en haute montagne. Le brouillard empêche de voir à plus de 50m le vent souffle à 70km/h environ. La pluie présente toute la nuit a cessé.
Le départ se fait à 6h30 à la lueur des lampes frontales. Une porte horaire est instaurée à 14h au col de Bavella. Cette fois je ne me suis pas fais surprendre par le froid. Je pars avec bonnet, gant, polaire, veste et pantalon Goretex. Les deux premiers kilomètres se font côté Est de la crête et donc à l’abri du vent. Mais le bruit dans le feuillage nous laisse imaginer le temps qui nous attend sur les hauteurs.
Nous ne nous trompons pas. Le passage sur l’arête de Manda est très exposé. Le vent est terrible. On ne voit toujours pas à plus de 50 m. Rapidement les concurrents se trouvent distancés de nous (Gilles et moi). La première crête est vite avalée. Nous pouvons enfin, avant le mont Incudine, dérouler un peu. Nous traversons l’endroit où nous aurions dû faire le bivouac. Avec beau temps le site aurait été exceptionnel. Rapidement la pente devient plus raide, plus de pierres aussi. Nous passons maintenant sur la crête du mont pour l’ascension sommitale. Le brouillard et le vent sont toujours là. La pluie arrive aussi. Nous voyons à peine
la croix située au sommet du mont Incudine. Le froid est là mais nous savons que dès la descente côté Est nous serons à l’abri du vent. La veille, en étudiant la carte, j’avais vu que la descente était perpendiculaire à la courbe de niveau. C’est bien cela. C’est une succession de dalles abrupts et humide. Nous descendons droit dans la pente en flexion constante sur les jambes. Les quadriceps brûlent et l’on sent que des traumatismes sont en train de se créer. Cependant nous ne devons pas baisser le rythme car aujourd’hui la porte horaire est proche. La descente est vite expédiée. La pluie devient de plus en plus forte. Lorsque nous arrivons au refuge Asinau, nous sommes trempés. Nous pensons alors aux autres concurrents, qui doivent être dans l’ascension du mont Incudine, avec le vent le froid et en plus la pluie. Nous contournons maintenant les aiguilles de Bavella. Nous sommes descendus de plus de 1000m d’altitude. La pluie a cessé et le vent faibli. Nous en profitons pour ôter quelques couches de vêtement. Sur la carte, ce sentier, jusqu’au col de Bavella, semblait roulant, à flanc de colline. Mais à son habitude le GR20 en a décidé autrement. Le sentier est en fait en tôle ondulé et amas de bloc rocheux. Nous comprenons alors avec Gilles que nous serons les seuls à passer la porte horaire.
13h15 nous arrivons enfin au col. Le vent est toujours là mais le soleil apparaît. Guilhem, l’osteo du staff nous a rejoint pour faire avec nous la dernière section. Nous repartons de plus belle. Le moral est bon mais les jambes commencent à accuser la descente du Mont Incudine. La nuit sous la tente n’a pas été très récupératrice. Jusqu’au refuge de Paliri, tout va bien même si les descentes me font de plus en plus mal aux jambes.
Au fil des kilomètres le mal empire. La fin du parcours me semble interminable. A chaque pas mes quadriceps me font mal. Le sentier est une succession de montées (+100m positifs) et de descentes. Je ne peux plus courir. Je dis alors à Gilles de finir la course tout seul devant, mais il préfère rester avec moi pour finir ensemble cette aventure. Enfin le village de Conca est visible. La dernière descente se fera dans la douleur mais aussi la joie de finir, mélange de sensations que peut être seul le sport peut provoquer.
Sur le dernier kilomètre de route, j’essaie de courir (le prestige peut être). L’arrivée approche 500m, 200m. Mes jambes me font mal. Chaque foulée est une douleur.
Enfin nous apercevons l’arrivée. Gilles est derrière moi, toujours en retrait, toujours grand. Nous finissons ensemble cette belle aventure.

Epilogue :

Ce GR est vraiment superbe mais sans compromis surtout lorsqu’on l’avale en 5 jours. Le sol est technique (pierres, montées descentes toujours très abrupt. Les quelques panoramas dégagés que l’on a vu laissent imaginer tout le potentiel du site.

Cette aventure fut une incroyable aventure humaine. Des concurrents tous supers, Tous d’excellents coureurs sans fioriture comme on en voit que sur des trails. Gilles fut l’exemple même. Il aurait pu gagner haut la main toutes les étapes. Mais il a préféré faire la course avec moi. Au fil des étapes et des efforts ce coureur peu bavard s’est livré. C’est vraiment une personne exceptionnelle que j’ai découverte. Il incarne à lui seul ce que le trail est. Humilité, dépassement de soi et respect des autres. Merci à toi.

Merci aussi au staff, dont l’organisation a su s’adapter à des conditions climatiques terribles. Il fallait avoir l’expérience mais aussi la passion pour prendre les initiatives qui nous ont amener au bout de ce GR. Beaucoup d’autres organisations auraient stoppé cette course.

Merci aussi au staff médical qui tous les soirs nous bichonnait pour nous remettre en forme (Merci Deborah)

Seul regret de ce GR, ne pas avoir fait l’ascension de Ponte Muratello.