Ils ont dit....

 
 
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2013 Jeanne
2012  
 

MAXIME
GR TWENTY !!
En un mot, ce fut le GRAND FRISSON !!
Je l'avais imaginé, rêvé, fantasmé, détesté même parfois quand l'entrainement était trop dur...Mais il fut encore mieux que tout ça!
On répète souvent, et tous, que c'est avant tout une aventure humaine, aussi forte individuellement qu'avec l'équipe Cap’Orn.
Chacun de nous passons par des états de souffrances ou de plénitudes qui nous sont propres et qui sont pour ma part impossible à décrire, aussi bien car ma littérature ne me le permet pas que parce que je n'en ai pas trop envie non plus...
Toutefois, il me semble rigolo de partager un peu avec vous mes pensées que la fatigue de chaque soir m'empêchait d'échanger.
Alors voilà, on marche, on court, on remarche, on recourt...On sent les odeurs, la chaleur, le vent. Tout va bien quoi!! C'est le pied total, tous les efforts consentis pour être en forme portent leurs fruits. Les jambes tournent bien, l'eau du sac à dos est fraiche...mais pourquoi ne suis-je pas venu avant!!!
Et puis les kilomètres passent et l'essence dans le moteur commence à manquer alors pour passer sur la réserve je regarde ce paysage merveilleux et je mesure la chance que j'ai d'être là...
Et puis à un m'ent donné, il n'y a plus d'essence du tout. Comment faire pour rallier ce foutu drapeau et les sourires du (parfait) staff qui vont avec??? Je me retourne et je vois Jean Marc qui lui non plus n'a plus d'essence, mais en plus il a les 4 pneus crevés, le pare brise fendu et le pot d'échappement bouché. Mais ça, Jean Marc, ça ne l'effraye pas, et il marche à la même allure que moi qui ai la chance de n'avoir "que" plus d'essence...Alors je continue...
Et puis je me retrouve avec Thierry, et c'est toujours aussi dur...Mais Thierry il n'a plus d'énergie non plus, comme moi, mais en prime il décide de finir le GR20 sur les talons car il ne peut plus poser les pieds à plat. Et ça ne l'empêche pas d'avancer. Alors non je n'ai pas d'excuses pour m'arrêter.
Mais les soucis avec ce GR20, c'est que même quand on a pensé à tout ça, il y a toujours des kilomètres à parcourir, toujours des cailloux à enjamber.
Et là je repense à tous les gens qui croient en moi, qui seront heureux pour moi de me voir arriver. Je pense aussi à Vivien, à Guillaume, à Sandrine qui auraient fait ce sentier sur les mains si ça leur avait permis de changer un peu l'histoire. Tout ça permet simplement de retrouver le plaisir d'avoir la chance d'être ce qu'on est à ce moment-là.
Et puis plus qu'un petit quart d'heure et on le sent arriver. Ce fameux frisson tant recherché. Je sais que le drapeau n'est plus qu'à quelques mètres. Les ampoules ne brûlent plus, la bouche n'est plus si sèche, les articulations n'hurlent plus, les cuisses ne se frottent plus, les lunettes ne font plus mal aux oreilles, la casquette ne gratte plus les cheveux... Le sourire est indécrochable, le pas ralentit comme pour en profiter encore, le sens de tout ce que je cherchais apparaît. Retrouver la fierté des gens que j'aime par téléphone ou simplement celle du staff qui me voit arriver me remet déjà d'aplomb pour l'étape du lendemain.
Voilà un peu ce que je peux retranscrire de mes sentiments. J'avoue bien sûr que la première des choses qui me restera est égoïste et représente toutes ces sensations qui m'ont traversé, que je ne peux décrire et derrière lesquelles je recourrai encore et toujours, comme un camé...
Mais le support des toutes les personnes qui m'ont suivi m'a aussi fait prendre conscience que tous les sacrifices pendant ma préparation et tous les soins que j'ai reçu pendant la semaine ont transformé MON aventure en NOTRE aventure, et ça je ne m'y attendais pas. Ca a tout rendu encore plus beau.
Certains ont arpenté le GR20 pour s'entrainer, d'autres pour se promener. Moi je l'ai commencé comme un des plus beaux défis sportifs de ma vie et il m'a comblé.
A TCHAO TOUTI!!

FREDERIC
Tout commença sur l’endurance book, l’un de mes livres de chevet : l’intégral du GR20 en 6 jours, 185km, niveau de difficulté 5 !
Bon pourquoi pas ça doit être une bonne petite ballade rando sportive pas plus dure que l’UTMB en 4 jours ... (première ânerie de ma part… et pas la dernière …). Nous en reparlerons …
Premier jour : l’accueil et la mise en place
Bref nous voilà tous au point de RDV sur le port de Nice accueillis par Didier le boss et son équipe d’encadrement, nous sommes une vingtaine, deux Belges sympas et un panel de coureurs de toutes les régions françaises, il y a même deux normands ! Et pour éviter le scandale nous les gardons dans le groupe;-)
Rien de spécial sur le bateau, nous sommes escortés par des dauphins bondissants. Arrivés enfin à Calvi dans notre premier « camp de base », installation rapide et convocation collective pour la réunion explicative, vérif des sacs et bilan médical complet !!! Mais qu’est ce que c’est que ce bazar ???…
Nous commençons par la vérification des sacs et matériel obligatoire avec LOLO (un chérubin proche du quintal, ex rugbyman pro qui assurera durant notre périple le rôle de « serre file ».
Puis le passage avec le staff féminin, un groupe de créatures de rêves..., trop fort ce Didier !!
Jeanne, la Podologue nous inspecte minutieusement les pieds et nous fait déjà les premières retouches avant la course.
Verena l’ostéo, Bérengère l’infirmière, Stéphanie et Sandrine les deux Kinés nous posent mille questions et remplissent nos fiches individuelles.
Et pour être complet, il y a aussi Isabelle la compagne du boss aidée par Hélène et René les trois intendants en chef.
Sur le coup je me demande s’ils ne font pas tous un peu trop de folklore… (deuxième ânerie de ma part et malheureusement ce ne sera pas la dernière), voilà fin du débriefing de présentation, repas et au lit.
Deuxième jour : le grand départ, 25 km Calenza /Asco
Didier nous donne les précieux conseils pour ne pas rater notre entrée dans le vif du sujet…
Mais bon Pff ! 25km c’est pour les gamins (et de trois). Les photos sont prises et c’est parti avec 10km de montée, certains partent vite, d’autres restent sagement avec LOLO.
Premiers constats après 4 heures de course :
Premio : ce n’est pas fini, certains sont à peine à la moitié (je vous rappelle que nous sommes quand même des traileurs avec plus ou moins d’expérience et quand même assez bien préparer physiquement).
Deusio : il fait chaud donc il semble que la Corse c’est un brin plus au sud de Vierzon et de Chamonix…
Troisio : les montagnettes corses qui atteignent péniblement les 2000m sont plus que coriaces !! D’ailleurs les deux petites grimpettes sont dévastatrices… Je vais mettre 2 heures pour la dernière ascension !!
J’avais pourtant rejoint la belle Christel depuis 10 Km, mais le terrible coup de chaud malgré ma casquette et une bonne hydratation… j’ai dû faire trois arrêts de 15mn à l’ombre en position foetale pour tenter de reprendre le dessus et finir l’ascension. Christel est déjà loin…
Maintenant le décor est planté, le tracé est ultra dur, je ne parle même pas de ces maudites marques rouges et blanches qu’il faut toujours avoir en visuel sous peine de demi tour obligatoire et hectomètres supplémentaires…
Chaque montée et descente sont d’une technicité limite escalade, la TDS pour ceux qui connaissent, c’est une balade champêtre...
J’en termine enfin et me jette sur le coca offert par Hélène et son gentil sourire réconfortant, puis, penaud, je passe entre les mains expertes des 5 nymphes.
Nos pieds ont chauffé au rouge et déjà Jeanne perce et pique nos ampoules à la chaine !
Bérengère aurait dû prévoir un bidon de 500 litre d’éosine, car nous sommes couverts de petites plaies et égratignures diverses, de coups de soleil… Les premières irritations mal placées…
La plupart d’entre nous déambulent comme des zombis en attendant la place sur l’une des trois tables de massage... Une vraie cour des miracles………
Verena l’ostéo magicienne avait dès la veille vu sans me toucher qu’elle aurait du boulot avec moi ! 1 heure sur mes multiples maux et vertèbres a déstresser !!!!! J’ai honte !!
Pour finir c’est la belle Stéphanie, la kinette qui avec sa frimousse d’ange m’achève les cuisses et mollets, chacune de ses mains ont la puissance d’une pelleteuse, ça fait mal !!!
C’est quoi que l’on dise la seule façon de drainer notre acide lactique pour repartir le lendemain !
Déjà l’ambiance est morose, deux d’entres nous sont bloqués épuisés au dernier refuge ; ils vont passer la nuit ensemble sans affaires de rechange, LOLO a du les laisser pour continuer avec 4 autres à peine plus frais, qui finiront de nuit à la frontale !!! 25 petits Kilomètres en 12 heures, Oups !!!
Troisième Jour : Asco/Vergio 20 km
Débriefing matinal et bonne nouvelle : nos deux compagnons sont repartis ce matin, ils vont finir la première étape et reprendront le GR20 avec nous le lendemain.
Mais aujourd’hui le morceau de bravoure s’appelle : le cirque de la solitude !
Un gouffre à traverser, équipé de chaînes et échelles métalliques, quasi de la via ferrata !
Je me jette à fond comme un bourrin , super sympa !! Mais voilà, Le GR20 c’est rempli de randonneurs chargés comme des porteurs népalais plus ou moins bien préparés et voilà je fais glisser une pierre sur 20 mètres et un papy en mode rando , mais surtout en stress dépassé hurle au scandale quand je passe. Plus de peur que de mal… Bingo, maintenant j’ai ma réputation de vilain petit canard !! Et merde !!
Comme la veille, des montées et descentes ultra dures où il est quasi impossible de courir, je vous reparle de la chaleur qui sera malheureusement notre compagne quotidienne, donc nous partons chaque matin avec trois litres d’eau minimum qui ne suffisent pas puisque nous devons à chaque source ou refuge recharger nos camels et gourdes.
Les refuges sont les rares îlots qui nous permettent de faire une pose et boire de l’eau fraiche, et bien sûr business oblige, coca /eau gazeuse ou bière, c’est un petit confort qui m’aide à tenir entre 8 et 12 heures toujours mieux que de la boisson isotonique tiédasse.
Le soir, toujours le rite : douche/podo/ostéo/kiné, puis le repas dans le gite ou l’hôtel, nos sacs ont été amenés dans nos chambres comme par magie (merci Didier, René et les filles).
Le petit débriefing du soir permet à Didier de nous donner le classement général, car même si notre objectif est de revenir avec le brevet « finisher » c’est aussi une course pour les plus costauds d’entre nous et la lutte est acharnée. C’est un chalenge amical et convivial entre les vieux briscards et les jeunes loups !
Quatrième jour : 44 km Vergio/Vizzavona
L’étape de tous les extrêmes, la plus haute, la plus belle (quoi que…) la plus dure
La messe est dite et Didier pour être rassurant annonce que seulement 4 ou 5 d’entre nous peuvent espérer finir sans être bloqués par les barrières horaires… Bon nous sommes en cumul de fatigue et il faut encore « envoyer du bois » pour espérer finir !!
Une fois encore, il avait raison, il semble même qu’ici le chrono tourne plus vite (un comble chez les corses) et Didier au 30ème kilomètre arrêtera sagement une partie de la troupe épuisée mais quand même heureuse d’avoir atteint les 2/3 de l’étape.
Néanmoins, nous l’ avons quand même fait mentir car 6 sont passés et ont fini avant la nuit.
Et les poulettes de grains vont encore faire du rafistolage de génie sur nos carcasses meurtries jusqu’à minuit passé !!!
Cinquième jour : 48 km Vizzanova /Cozzano
La plus longue et la plus roulante ! Enfin c’est ce que dit le boss, ont aurait dû se méfier !
Il est vrai que les deux premiers tiers sont relativement roulants, et si vous êtes frais (nous ne le sommes plus depuis le 1er jour), si vous êtes vigilants (les mauvaises nuits de sommeil sont notre point commun), si votre regard perçant ne rate jamais les traces rouges et blanches mises selon les humeurs sur les arbres, les rochers à gauche, à droite ou au sol…
Si vous avez encore un sens aigu du zigzag dans les pierriers pour éviter les entorses (Jean- Marc le vainqueur l’année dernière a laissé une cheville la veille, c’est repos pour lui aujourd’hui… les jeunes vont prendre le large…
Bref, encore une barrière horaire à passer, et les survivants attaquent les dernières 14 bornes relativement confiants, pas de finish à la frontale en vue.
Mais voilà encore les mauvaises surprises, le tracé probablement fait par un corse naturalisé anglais, tant c’est tordu (pourquoi faire simple quand on peu faire compliqué), nous passons à gauche et à droite du sommet et tournicotant d’un bord à l’autre des arrêtes.
Et pour corser le tout, un invité de dernière minute sous un soleil de plomb……le vent !!!!!!!
Des rafales à 100 km /h nous rendent vite humbles, nous ne pesons pas lourd face à Éole, nos bâtons tiennent à l’horizontale seulement accrochés à nos poignets par les dragonnes, chaque passage de caillou à caillou est une aventure périlleuse, le vent nous sèche et nous vide littéralement de notre énergie et pour certains d’entres nous nous glace les mains (un comble en plein mois de juillet)
LOLO notre serre file adoré grâce à sa force hors norme et son calme légendaire sauvera littéralement trois d’entres nous d’une mauvaise chute dans les rochers.
Nous finissons éparpillés dans la descente sur Cozzano, seul petit écart du GR20 qui nous permet de rejoindre notre gite et nos anges gardiennes.
Sixième jour : 31 km Cozzano/Bavella
Nous repartons tous de Cozzano ensemble dans la montée, c’est super sympa d’être enfin groupé, car le départ sera donné en haut à l’endroit où nous avons quitté le GR20 la veille.
Le briefing de maître Didier me met les neurones en excitation maximale, cette étape semble être taillée pour moi !! En effet, je ne comprends pas mais je pète la calamine !! La Pietra (bière corse) doit être à base de houblon et d’EPO
Les blessures et la fatigue semblent avoir émoussé nos deux jeunes apollons qui caracolent aux avant postes
Aller je vous les présente :
Le premier, c’est Maxime surnommé « Maximus » car comme dans le film, il est depuis le début de l’aventure notre invisible traileur, rugbyman pro lui aussi, ouvreur (ce qui n’arrange rien), c’est le physique du dieu grec par excellence … Ce ne sont pas les 5 nymphettes ni les 6 traileuses qui me contrediront !!!
Mais voilà depuis 2 jours, sa cheville le fait souffrir et seul les strappings magiques de Jeanne lui permettent de continuer l’aventure en gérant son avance.
Le deuxième, c’est Vivien, un combattant lui aussi, une victoire d’étape qui lui a prématurément usé les cuisses, sa faiblesse inversement proportionnelle avec sa gentillesse, ce sont les descentes.
Et voilà, aujourd’hui beaucoup de descentes techniques où je vais pouvoir attaquer comme un âne.
J’ai le privilège de partir avec la balise GPS de tête de course, alors c’est tout bon, je vais l’avoir la victoire d’étape !!!
Mais pour ceux qui ont vu le film « Forest gump », il faut bien écouter les consignes de course du boss et bien regarder les traces…
Nous devions vers le 10ème km bifurquer vers la gauche pour rester sur l’ancien tracé officiel du GR20 mais ces coquins de corses ont modifié le tracé en masquant les anciennes traces et en rajoutant une boucle en plaine qui n’a que le seul intérêt commercial de rajouter deux bergeries bien équipées de coca frais…
Et voilà, j’ai bien apprécié le coca, en rage de faire 4 km de plus que les jeunes loups qui n’en demandaient pas tant. Et malheureusement, trois autres de nos compagnons sont aussi tombés dans le piège et ont fait 9km de plus, ils ont fini héroïquement derrière le pauvre LOLO qui avait pourtant réussi à remettre une partie des troupes dans le droit chemin.
Pour la petite histoire, c’est l’une des plus belles arrivées sur le célèbre site des aiguilles de Bavella
Dernier Jour de course : 17 km Bavella /Conca
Le final dans la joie, 17km en descente (presque...). Tout le monde prend le départ, les blessés et aussi les Nymphes qui ont maintenant fini les soins et rangé définitivement les huiles de massages, la biafine, les pansements et les anti-inflammatoires !!
Nous partons tous pour le dernier baroud d’honneur sous un soleil de plomb, nous sommes proches de la mer et nous allons continuer de descendre.
Et à ce petit jeu, c’est Jean-Marc le plus fort avec un bon maintien de cheville, il a fini l’étape en 2h48 record à la clef… Nous arrivons enfin main dans la main avec Lionel à 17 km/h, l’émotion est grande et nous nous jetons dans les bras de Didier et René, c’est la fin de l’aventure, tous arrivent au trot sous un soleil de plomb, les larmes de joie, les embrassades et notre LOLO qui ferme la marche... Enfin presque car la belle Nathalie s’était cachée dans une vasque d’eau claire pour retrouver de la fraicheur et arrive 5 mn après sous nos applaudissements ! Tous les temps ont été excellents.
L’aventure est maintenant vraiment finie !!!
Epilogue :
Après une petite douche salvatrice, le boss nous emmène tous faire un super bain de mer !! Quel bonheur !!
Et le soir, remise des prix intime et conviviale, il semble même que certains ont laissé couler quelques larmes…
Nous avons tous fini avec pour certains des petites pénalités de temps concoctées par Didier qui nous donne un vrai classement général !
Nous l’avons vaincu ce GR20 !!!!!!
C’est un monument de beauté, de dureté, et que dire de l’aventure humaine qui nous a tous unis
Nous venions de régions différentes, nous étions tous très motivés et nous voilà heureux comme des gamins encore abasourdis par l’aventure terminée !
Merci Didier pour avoir organisé cette folie !
Chapeau bas pour ton casting et ta dream-team !
Isabelle, la force tranquille
Hélène, l’énorme soutien moral, positive et attentive
Verena, la magicienne
Jeanne, la rugbywoman souriante
Bérengère qui va préparer une thèse sur le rafistolage des corps broyés
Sandrine, rendement supérieur à 100% !! petite perle de dynamisme positif
Stéphanie, pied en mousse et poigne de fer
René, récupération de traileurs en déroute et connait le GR20 comme sa poche
Et les meilleurs traileurs du moment :
Karine, la jolie blonde normande et ses larmes de joie
Laurent, son homme drôle, sympa et ronfleur
Marie et Fabien (le moulin à parole) : le meilleur couple de traileurs finishers !!!
Christel, la jolie belge brune
Nathalie et Jean-Claude : un autre couple de baroudeurs aventuriers
Vivien et Guillaume : les deux potes inséparables
Hans le belge, dit la frite, métronome, tenace et finisher !
Alain, Lionel et Jean-Marc : les trois V2 avec un CV de traileurs à faire pâlir Killian Jornet
Thierry et Hervé : discrets et super sympas
Laurence : une épouse de rêve mais un brin malade
Maxime : le chippendale, le beau gosse et surtout le winner de cette édition !!!
C’est fini le moment magique, l’équipe dans la mer chaude, le resto ensemble avec les chanteurs corses sont déjà loin, nous voilà déjà dans le bateau direction Nice, seuls nos pieds gonflés et notre bronzage agricole semblent encore avoir des souvenirs.
Bye
Le runner masqué !

ALAIN
Franchir Cap’Orn et prendre direction GR20
Avant de se lancer sur l’Aventure de l’Intégral du GR20 en 6 jours, chacun d’entre nous s’est certainement posé quelques questions comme d’autres personnes se poseront pour les éditions futures.
Avec quelle organisation partir ? Quel est le contenu du programme ? Quelle logistique ?... De retour de ce défi sportif, je vous livre mes impressions.
C’est avec un réel plaisir que j’encourage tous trailers expérimentés désireux de vivre une semaine de raid aventure avec un encadrement de grande qualité de franchir Cap Orn afin de prendre la direction du GR20.
Clé de voûte de l’organisation Cap’Orn, Didier Chaussade, un sympathique coureur trailer de la région de Cahors très à l’écoute des coureurs. Ce passionné de sport organise depuis quelques années de nombreux
grands événements (raid nature, épreuves de jet…). Nous savons que Didier, jamais à court d’idées, fourmille de futurs autres projets d’organisation.
Rien n’est laissé au hasard pour l’encadrement de l’intégral du GR 20 en 6 jours, Didier C. est entouré d’un super staff technique avec 5 membres d’une équipe médicale qui veille quotidiennement sur notre état de santé et 4 membres d’une équipe logistique pour le bon déroulement de notre périple. Cette année, nous étions 18 coureurs (de 23 ans à 62 ans) venus des 4 coins de France et de Belgique.
La veille du départ, chaque coureur passe face au staff médical pour faire le point ensemble de votre état physique d’avant course (de la tête aux pieds puisque tout sera mis à contribution).
Un road-book descriptif de chaque étape (profil et carte IGN) nous est remis par Didier C. dès le dimanche soir au briefing de présentation.
A savoir, l’Intégral du GR20 en 6 jours demeure un challenge difficile avec de nombreux franchissements mais réalisable pour tout traileur respectant une très bonne gestion de l’effort, écoutant scrupuleusement le briefing d’avant course qui vous annoncera d’entrée que la 1ère étape sera difficile à négocier.
Ne jamais négliger les consignes de sécurité de l’organisateur (nombre de litres d’eau à emporter, vêtement chaud…) et les conseils prodigués par les «anciens».
Les départs d’étapes se font entre 7h et 8h pour des journées qui peuvent durer entre 6h et 11h30 de gestion d’efforts (gare aux brebis égarées).
Les 2 étapes les plus longues comportent une barrière horaire au 3/4h de l’étape avec une possibilité de rapatriement au refuge pour permettre à chacun de gérer suivant les capacités physiques du jour le profil et les km sans finir à la frontale.
Le matin, chaque coureur doit partir avec 3 litres minimum avant de pouvoir recharger à nouveau sa poche à eau ou ses bidons au prochain refuge ou autre point d’eau identifié sur le road book (un conseil : ne jamais oublier d’emmener le profil et la carte IGN de l’étape).
Attention, la chaleur élevée en été sur les crêtes corses ne pardonne aucune erreur d’hydratation et de ravitaillements (même pour les plus expérimentés, attention au coup de bambou appelé plus scientifiquement déshydratation qui stoppera très rapidement votre système digestif et vous obligera de toute façon à une pause de quelques heures de récupération, certains ont ainsi connu cette année le «confort» du gite de Carruzo).
Autre info à savoir, les portables ne passent pas ou très rarement en montagne.
Coté sécurité et suivi de course, après avoir équipé d’une balise Argos, le 1er coureur du groupe ainsi que le grand gaillard de Lolo, le serre file officiel (rôle ô combien important et réconfortant) qui encadre le(s) dernier(s) du groupe (ou ceux qui profitent le plus des paysages, dirons nous), Didier C. peut ainsi suivre presqu’en live par géo-traçage satellite le déplacement de l’ensemble du groupe.
Même si les paysages sont magnifiques et extrêmement variés, les dénivelés cumulés et le kilométrage vous imposent une gestion rigoureuse de l’effort et des ravitaillements. En raison des rochers acérés et des nombreux pierriers agressifs pour vos crampons, sachez que vos « belles chaussures neuves spéciales trail » ne font qu’une édition du GR20 avant de finir une belle retraite à votre domicile en confortables pantoufles.
A l’arrivée de chaque étape, comment ne pas parler de l’accueil spontané et généreux que vous trouvez dès votre passage de la ligne d’arrivée avec Hélène, Isabelle et René, toujours là pour le mot réconfortant et pour vous offrir le verre de coca, d’eau gazeuse, la compote de pomme (et toujours la banane en sourire).
Puis vient le temps d’une bonne douche pour rafraîchir et décontracter les muscles les plus meurtris avant de «donner votre corps à la science des mains expertes et réparatrices» du staff médical (Bérengère médecin, Sandrine et Stéphanie les kinés, Jeanne la podologue, Véréna l’ostéopathe), merci à cette charmante équipe qui a donné beaucoup de professionnalisme, de gentillesse et de disponibilité.
Ainsi se tisse réellement une ambiance très chaleureuse entre les traileurs et les membres du staff technique au fil de cette semaine de raid aventure.
Chaque soir, un bon repas convivial (menu programmé et affiné par Didier C.) dans une ambiance différente régénère tous les organismes fatigués et tous les bons appétits aiguisés. Pour clôturer cette belle semaine d’efforts, un bon repas festif, musical et dansant demeure toujours mémorable pour le groupe.
En résumé, le GR20 réputé comme le plus difficile GR d’Europe se découvre de jour en jour, de crêtes en crêtes, se gagne et se mérite étape par étape. Tous les raiders montagnards vous le diront, vous
gagnerez la montagne si vous la respectez en évoluant avec un équipement adapté pour le trekking en montagne.
Le GR20 c’est bien évidemment le fameux et l’unique marquage blanc et rouge, on l’aura cherché, on l’aura trouvé, on l’aura perdu, on l’aura maudit, on l’aura aimé…
Le GR20 c’est beaucoup d’heures passées à crapahuter pour vos jambes,
beaucoup d efforts sollicitant votre coeur,
beaucoup de sueur sur votre front,
beaucoup de lueur d’admiration des paysages dans vos yeux
beaucoup de bonheur partagé à l’arrivée.
L’Intégral du GR20, c’est aussi des rencontres avec des personnes d’horizons et d’âges très différents qui partagent une même passion, le dépassement de soi.
Cette année, 18 traileurs ont tenté l’aventure de l’Intégral du GR20 en 6 jours, c’est sans aucun doute 18 raisons très différentes de relever un défi personnel ou un challenge de vie et assurément 18 belles histoires à raconter, à écouter et à partager.
Au final, l’Intégral du GR20 vous fait découvrir de nouvelles valeurs sportives mais aussi de nouvelles valeurs humaines.
Ainsi, on ne ressort pas indemne d’une telle Aventure qui fait grandir votre bien être et votre jugement du quotidien.
En conclusion et en remerciement, un dicton adressé particulièrement à Didier Chaussade et à toute son équipe :
Le bonheur que l’on a
Vient du bonheur que l’on donne…
Paroles d’un heureux ultratrailer, Alain

KARINE
Le GR20 : un des plus beaux et des plus rudes sentiers d’Europe. C’était notre rêve depuis des années et il s’est enfin réalisé.
A l’origine, nous pensions le faire, comme beaucoup, en mode rando, sur 13 jours et puis… il a fallu que Laurent découvre l’existence d’une formule trail en 6 jours dans un magazine mais… je ne me sentais vraiment pas de taille à relever un tel challenge ! C’est alors que tout s’enchaîne. Chaque semaine, il relance la machine ! Ce n’est pas que je ne veux pas, lui dis-je, bien au contraire, mais je ne m’en sens pas capable… un tel dénivelé ! et puis, à entendre les gens, c’est extrêmement périlleux ! Je ressentais un mélange d’envie et d’appréhension…
Alors, je me suis décidée à appeler Didier qui n’a pas hésité une seconde à répondre aux questions que je me posais, me disant au passage que j’en étais tout à fait capable. Il a finalement réussi à apaiser mes angoisses. Ce coup de fil a été convaincant puisque quelques jours plus tard, je validais nos inscriptions et je dois dire qu’aujourd’hui, je ne regrette rien !!!
La Corse, ça se mérite ! L’intégrale du GR20 en est la preuve même !!!
Une très belle aventure sportive et humaine, un parcours très technique qui nécessite à la fois une bonne condition physique et un moral d’acier et qui cependant reste accessible avec une grande confiance en soi.
Cap’Orn est assurément l’organisation idéale pour vous accompagner tout au long de ce trek.
Je tiens à remercier et faire un clin d’oeil à tous les gens rencontrés au cours de cette aventure. Un coucou particulier à Laurent, mon cher et tendre époux qui m’a attendue et soutenue tout au long de cette épreuve, à Hervé, notre fidèle compagnon de trail qui, au final, a réussi à dominer sa peur du vide ; nous sommes très heureux que tu aies pu partager cette aventure avec nous, à Laurence, Alain et Nathalie aux côtés desquels j’ai parcouru le plus de kms sur ces sentiers pentus et escarpés.
A Lolo aussi, que j’étais très heureuse d’avoir à mes côtés dès la première étape. Sa présence est rassurante et en plus…il ne manque pas d’humour. Bravo à toi qui assume le rôle de serre fil avec beaucoup de sérénité… on se sent vite en sécurité à tes côtés.
A Didier et Isabelle, sans qui cette aventure n’existerait pas. Merci pour votre temps et votre investissement personnel. Ce fut une réelle joie de participer à une course aussi bien organisée. Il ne manquait rien ! Merci à vous 2 aussi pour vos encouragements et félicitations car vous avez réussi à réunir tous les ingrédients nécessaires au bon déroulement de cette aventure. Nous avons vécu l’intensité dans une ambiance conviviale, un réel partage entre tous les participants mais aussi avec chaque membre du staff. Humainement, ce fut une expérience enrichissante.
Jean-Claude, je me souviendrai de ta première étape, mais aussi de ta dernière où là, tu avais pris le TGV !!!
Nathalie, pour une novice dans le monde du trail, on ne peut te dire que BRAVO !
Alain, nous avons beaucoup apprécié ta sincérité, ta gentillesse, ton réel sens des valeurs.
Fabien et Marie, nous avons eu l’occasion de faire plus ample connaissance en partageant non seulement nos repas mais aussi notre chambre. Marie, nous sommes impressionnés par ton endurance – Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences : un tout p’tit bout de femme qui déborde d’énergie et qui peut aller très loin… aux côtés de son époux, un bon blagueur, toujours de bonne humeur. Fabien, ne change rien à ta façon d’être. C’est bon pour le moral !!!
Frédéric et Maxime, 2 challengers. Vous êtes des battants et vous pouvez être fiers de vos performances. Fred, on se souviendra tout de même de l’ampleur de tes bagages qui envahissaient notre chambre (lol…). Maxime, tu étais le favori dès le départ et tu as fini grand vainqueur de cette aventure : Félicitations !!!
Laurence, on a souvent « galéré » ensemble et je suis certaine que nos chemins se recroiseront un de ces jours sur d’autres défis.
Vivien et Guillaume, 2 bons p’tits gars, tout sourire et plein de volonté. Félicitations à Vivien qui a réussi à atteindre son but. Guillaume, victime d’une blessure, tu n’as pu réaliser ce rêve qui te tient tant à coeur. Malgré cette déception, tu as gardé ta bonne humeur et tu as toujours eu des mots de soutien envers chacun des concurrents. Il ne faut surtout pas baisser les bras ; pour toi, ce n’est que partie remise !!! Carpe Diem, telle est votre devise…
Christel, on se souviendra de ta bonne condition physique, surtout sur les 2 premières étapes.
Hans, dit la frite : très heureux que tu aies atteint ton objectif pour cette 2ème édition. Un grand bravo et encore merci pour les chocolats belges!!!
Lionel et Thierry, très discrets, vous avez tous 2 un fort potentiel et avez réalisé de bons chronos. Bravo !
Jean-Marc et René, nous avons fait un bon bout de chemin ensemble mais… sur le bateau. On se souviendra tout de même de la résistance physique de Jean-Marc qui n’a pas hésité à affronter ce terrain accidenté même avec une attelle au pied … Les gens qui l’ont croisé ont du se dire soit il est fou, soit il est très bon !!! Quant à toi René, tu incarnes la gentillesse même et alors… ce petit vin de Cahors, qu’il était bien bon !!! Le monde est petit tout de même …
Un énorme remerciement aussi à l’équipe médicale car c’est bien grâce à vous les filles, à votre professionnalisme et à votre disponibilité que nous avons pu reprendre le départ chaque matin. En plus de vos soins, vos encouragements nous donnaient toujours l’envie d’aller plus loin…d’aller au bout de ce périple. Vous étiez pour nous de vrais rayons de soleil.
Il ne me reste plus qu’à citer la belle Hélène qui était un peu partout… Une femme volontaire, très énergique, pleine d’humour et avec un sacré tempérament. Hélène, on t’aime telle que tu es, ne change rien !!!
Merci donc à toute l’équipe pour cette édition 2012 de l’intégrale du GR20. Merci à tous pour vos encouragements, votre soutien et votre sourire au cours de cette expérience enrichissante. Une aventure qui laissera de beaux souvenirs dans nos mémoires.
Personnellement, j’ai connu des moments difficiles, parfois me demandant ce que je faisais là… mais chaque fois je les ai surmontés et transformés en victoires personnelles et je me souviendrai de mon arrivée à Conca: un moment intense, beaucoup d’émotion, les larmes aux yeux, la fatigue est immense, mais la joie aussi, une énorme satisfaction d’être allée au bout de moi-même. Une belle revanche sur la vie et dans mon for intérieur la petite flamme est toujours là, prête à trouver de quoi s’alimenter pour grandir à nouveau.
Se fixer des objectifs, c’est aussi donner du sens à sa vie.
Je vous souhaite à tous de connaître d’autres aventures aussi belles que celle-ci et qui sait, nos chemins se recroiseront peut-être un jour…
Bien sportivement

   
2011  
 


CAPUCINNE

Ah ! Ce GR20…. Je pensais connaître la montagne avant d’aller à cette aventure… Eh oui ! Normal. J’habite sur le flanc de la « montagne couronnée ». Cette belle cité médiévale qu’est Laon ! Seulement, le point culminant dépasse difficilement les 100 m et pour y grimper… une belle route goudronnée. Assez facile en voiture !
Le GR, une vraie découverte finalement ! J’avais lu « 16 000 m de dénivelé... » Hum ! C’est un chiffre sur papier… ça me parle mieux désormais ! J’y ai aussi découvert les cailloux, les blocs rocheux et mieux encore : les parois verticales du cirque de la solitude !!! La Corse, c’est tout simplement merveilleux, splendide, gigantesque ! La chance que j’ai eue par rapport aux milliers de touristes qui empruntent ce GR chaque année, c’est de l’avoir vécu aux côtés de personnes comme vous. Sans cet encadrement exemplaire, sans le soutien de chacun, rien n’aurait été pareil. Je sais que grâce à cela, j’ai pu dépasser les limites de mes limites. Fabienne et Laurent, je ne vous remercierai jamais assez pour ce que vous m’avez permis de réaliser dans le cirque. Moi qui n’arrive même pas à passer le plus simple des parcours d’accrobranche… Merci, merci !
Merci à tous pour ce que vous avez apporté à cette aventure, ce bout de chemin caillouteux parcouru ensemble : 6 jours d’effort et d’intenses émotions.
Merci tout spécial à toi, Delphine, ma coéquipière de tous les instants. Je suis vraiment contente et fière d’avoir partagé tous ces moments avec toi. Tu as un mental d’acier, un soutien sans faille et toutes ces heures partagées dans la fatigue, l’euphorie et la douleur parfois, ce n’est pas demain que je l’oublierai.
Hélène, Isabelle, Fabien, Maxime, Karine, Jeanne, Raffaello, mille mercis pour votre disponibilité et la qualité des soins.
J’ai eu la chance de goûter concrètement à la terre Corse : drôle de goût…. mais je la regrette déjà !!! J’ai au moins emporté avec moi des souvenirs plein la tête mais aussi plein le corps. Un petit coup d’œil à mon genou gauche… et l’étape n°2 me revient à l’esprit ; pour l’étape n°4, c’est le genou droit qu’il faut regarder… Et quand je suis pressée, je regarde ma main gauche : et là, c’est un résumé de toutes les étapes !!! D’ailleurs, Karine, j’ai pensé à toi dès le lendemain de mon retour dans le Nord. Belle chute à vélo… Le macadam fait plus de dégâts que le caillou Corse et accessoirement, j’ai rouvert ma main… pour la 9ème fois… Eh non, on ne me changera pas !
Un dernier grand merci à Isabelle et Didier pour cette organisation si fluide (et si complexe on imagine !). Merci pour votre gentillesse et l’énergie que vous transmettez… Je n’oublierai pas non plus de remercier notre grand Laurent. J’ai été impressionnée par ta résistance et surtout ta patience et ton sourire omniprésent.
Ca fait beaucoup de « merci » tout cela mais ce n’est même pas suffisant tellement j’ai vécu une super aventure grâce à toute cette équipe de fous ! Le prochain à Laon qui me parle de « montagne couronnée » pour désigner cette ville, je te l’envoie Didier ! Il verra ce que c’est la vraie Montagne !!!
Allez, un tout dernier…..MERCI !!!


DELPHINE
Cela faisait plus d’un an que nous nous étions inscrits pour cette aventure. Nous en parlions quelques fois : « Quelles baskets as-tu acheté ? As-tu des bâtons ? Tu as programmé des côtes dans ton entraînement ? » Bref, des petites interrogations que nous avions tous puisque à part notre belle montagne couronnée à Laon, nous n’avions pas une grande expérience des dénivelés.
Quelques inquiétudes aussi : « T’as le vertige toi ? Parce que moi j’ai une sacrée trouille du vide ! »
A partir de ce moment, Eric a pris les choses en main et a appelé Didier. Après cet appel téléphonique nous nous sommes donnés (un peu à l’habitude !) rendez-vous au bar ! Didier, par ses paroles, a su rassurer tout le monde et nous avons donc pu partir tous confiant et surtout très impatients d’en découdre et de découvrir cette belle montagne !
A notre arrivée sur le bateau, nous avons pu découvrir les premiers visages, les premiers sourires mais surtout les premiers fous qui allaient partager l’aventure avec nous !
Après quelques mots échangés et la présentation du staff, nous avons tout de suite pu nous rendre compte du sérieux et de la qualité de l’organisation, et nous n’avions encore rien vu…
ET C’EST PARTI !!! 1ère ETAPE : 23KM …… 10H30 « Mais qu’est-ce que je suis venue faire là !!!! »
Voilà ce que je me suis dit plusieurs fois dans la journée ! Et puis, on relâche la pression, on arrive vers Raffaello et Jeanne qui nous accueillent avec un grand sourire et à qui l’on confie les yeux fermés nos « magnifiques pieds » ! Puis, on se dirige vers Isabelle, Fabien et Max : « J’ai mal là, là, là, là et là, je ne pourrais jamais repartir… » « Mais si tu vas repartir ! »
Pendant ces moments, toute la fatigue de la journée est oubliée, on rit, on discute, on partage avec les autres membres du groupe et surtout…on déguste une Pietra ! Que l’on a bien mérité !
Ces moments de convivialité se renforcent au fil des jours, puis, on ne souffre plus, on profite, on lève le nez, tout est tellement beau, on s’encourage quand on se croise, on se félicite, on dépasse ses limites un peu plus chaque jours, et on apprend à aimer les cailloux ! … C’est une véritable aventure physique, mais aussi humaine qui restera gravée dans ma mémoire.
La qualité du Staff est telle que l’on ne peut que vivre cette aventure avec le sourire ! Merci à tous pour la qualité des soins, la gentillesse et l’écoute que vous nous avez apporté dans des moments parfois difficiles mais aussi dans tous les autres ! Sans cela, il n’est pas possible de repartir le lendemain…
J’ai rencontré des personnes que je ne suis pas prête d’oublier, chacun a marqué cette aventure par ce qu’il est et ce qu’il a su y apporter !
Malgré les derniers moments de douleurs (sans compter cette fabuleuse dernière soirée !) lorsque je regarde les photos de tous, je me dis toujours « Quelle dommage que cette semaine soit passée si vite, j’ai l’impression de ne pas avoir assez profité du paysage et de chaque personne présente ». La nostalgie, il paraît que c’est ça !
MERCI A TOUS DE M’AVOIR FAIT VIVRE CETTE FABULEUSE EXPERIENCE!!

SABINE
Un petit coucou à tous les fondus de la course a pied avec vous j ai découvert le monde du trail .Comme vous m’avez tous étonné, comme j ai admiré votre courage, votre mental quand a moi, même si j ai adore je me suis bien souvent demandé ce que faisais la. Il me semble que l on ne se fait pas si mal en VTT .La rentrée est proche et pas une journée sans penser une seconde au GR20. Les ongles tombent, les pieds pellent, les douleurs aux genoux disparaissent enfin et maintenant il ne reste plus que de superbes souvenirs : paysages magnifiques, connaissances, rencontres, découvertes, entrain, excitation, joie, bonheur, plaisir, fatigue, peur, douleur, courage, et bonne humeur, un concentré de sentiments en quelques jours. Vraiment j ai adoré. Merci a vous tous, que nous aurions plaisir, avec Franck de revoir. N’hésitez pas Véro, Laurent, Eric, Clara Guillaume, Jean Marc, Jean Luc, Hans, Delphine, Noel, Didier.....à vous arrêter dans le lot pour partager les souvenirs, en créer d autres. Pour les lotois rendez vous a st Michel pour les 10 ans de la st Micheloises en VTT svp pour changer un peu n’est ce pas Fabienne, Max. Un grand coucou a François et Cécile mes grands compagnons du gr20 "hein ma caille!" Merci à Isabelle, Jeanne, Max, Karine, Fabien ...pour tous vos bons soins mêlant douceur, compétence, disponibilité, encouragements.
Enfin un très grand merci à Isa et Didier pour cette belle aventure.
Et surtout je ne veux pas oublier Laurent à qui j’adresse un grand coucou, si rassurant et je dois bien l avouer le perdre des yeux m a été difficile !!!
Bonne rentrée à tous et peut être à bientôt

CECILE et FRANCOIS
Enfin, nous sommes remis de notre "exploit" surhumain, cette aventure pour laquelle j'hésitais à participer!
Sous la pression de mon mari je me suis enfin décidée à m’inscrire et elle nous laisse en effet, que des souvenirs merveilleux et nous donne envie de recommencer l'année prochaine!
Le premier soir, j'ai exprimé à Oleg, mon voisin de table, qui avait déjà fait le GR20, mes doutes en lui précisant que j'étais certainement naïve car je n'arrivais pas à appréhender la difficulté de cette épreuve; il m'a répondu "C'est mieux, tu te rendras compte par toi-même".
Je l'en remercie, car en effet la difficulté n'était pas imaginable et tout le plaisir, le bonheur aussi!
Physiquement douloureux, mentalement hors du commun.... La possibilité de se surpasser, d'aller au delà de ses limites avec un paysage à couper le souffle (même si j'ai beaucoup regardé mes pieds!), une organisation au top, des rencontres humaines riches....
Je rêve encore aux fins d'étapes où notre Zaza nous attendait avec son Coca chaud, cela me motivait pour avancer encore plus vite même si je n'en pouvais plus!
Merci à ma co-équipière préférée Sabine avec laquelle j'ai partagé des supers moments et qui m'a beaucoup aidée et à tout le staff qui nous a soutenu moralement, physiquement et pris en charge tous les soirs.
C'était super et indispensable!
En plus, cette épreuve aura introduit " la caille" dans le parc animalier Corse en plus de la vache et du cochon noir!
Au plaisir, de vous revoir tous et de partager à nouveau une aussi belle expérience.

GUILLAUME
Après deux semaines de récupération et de calme je redescends doucement de cette magnifique expérience malgré mon petit échec de n'avoir pas pu faire toute les étapes. Je ne peux m'en vouloir qu’à moi et ce à cause de ces fameuses baskets trop petites, mais croyait moi je suis sur de ne plus faire la même erreur lol. J’ai beaucoup appris grâce a vous et je peut vous certifier que c'est partie remise. Un grand merci à vous tous et surtout a Didier et Zaza pour leur m'avoir permis de participer. Merci au staff qui a eu du boulot avec moi surtout Jeanne qui m’a maintenu 3 jours d'affiler en sursis. Pour finir je félicite tous les coureurs de leur performance et surtout au finisher devant qui je reste admiratif. En quelques mots ce GR20 a été une expérience extraordinaire.
je vous souhaite bon vous vent et n'oubliez pas
CARPEDIEM
Bises à tous

ERIC
Un petit mot également pour vous dire à quel point c’est dur de reprendre une vie normale après tout ces si bons moments passés tous ensemble.
Que ce soit l’encadrement, le staff médical, les participants, c’était une sacré ambiance et une sacré équipe !
J’ai aimé et je retiendrai l’excellent esprit qui régnait, la bonne humeur constante, l’humilité et l’accessibilité de tous quel que soit leur niveau, la « force tranquille » de l’organisation qui maitrise son sujet dans un gant de velours et avec une décontraction qui fait du bien, la disponibilité et la compétence du staff médical (même pour aller boire une bière, hein Max ?).
Vraiment bravo et merci !
Beaucoup de regrets de vous avoir quittés si vite, j’espère sincèrement qu’on aura l’occasion de rester en contact et pourquoi pas de se revoir, peut-être pas sur le GR20 mais par exemple sur un autre GR appelé « TMB »…
L’ami Didier fourmille de bonnes idées, et la perspective d’aller se frotter à un autre GR mythique est bien tentante, j’en connais déjà quelques uns de chez nous qui seraient partants !
Au plaisir de vous revoir et d’avoir des nouvelles, et merci à tous pour les magnifiques photos. Quand je pense que j’ai passé tout le GR à répondre à ceux qui me demandaient pourquoi je ne prenais pas de photos que Delphine mitraillait pour nous deux… Et elle perd son appareil !

JEAN PIERRE
Probablement un nouveau GR 20 en 2012, et je vous envie, tellement cette rando-course est magnifique .Je pense ne jamais me lasser de ces paysages et des efforts consentis pour y accéder. Je conserve de chaque journée des souvenirs toujours très présents. D'abord l'arrivée à Nice, à l'auberge de jeunesse, un peu d'appréhension avant le premier contact avec le groupe mais tout de suite les premiers liens qui se tissent au repas ce soir là. Et mon ami Oleg qui comme les mauvais élèves arrive en dernier...Je l'ai décidé à m'accompagner car lui aussi il a déjà parcouru le GR, je ne sais pas si j'ai bien fait, il a sans doute encore son dernier raid dans le désert Egyptien dans les jambes!
Le lendemain départ pour la Corse avec une belle traversée sur le ferry direction Calvi. La journée passe vite avec les contrôles médicaux et matériels, un petit passage à la plage et le briefing de Didier pour présenter l'épreuve et toute l'équipe d'encadrement.
Enfin l'arrivée au point de départ de Calenzana, tous impatients d'en découdre et pour moi en tous cas un peu "inquiet" de la succession de tous ces jours de course .Mais avec en tête au moment des photos du groupe tous les autres bons moments passés sur ce GR quelques années avant...Le problème avec les souvenirs c'est qu'ils sont toujours partiels. La montée sur Ortu se passe comme prévu, peut-être même trop bien, par contre la seconde partie de cette étape me parait bien longue et difficile dans les éboulis. Oleg aussi parait bien à la peine, à tel point qu'il envisage de s'arrêter à Carrozzu. Je sais que la dernière montée sera longue mais si on ne passe pas on ne peut pas rejoindre le groupe ...Avec un peu de récupération, de ravitaillement et quelques paroles peut-être réconfortantes ou motivantes on repart pour passer la passerelle de Spasimata, les dalles avec les mains courantes et cette montée qui semble parfois interminable quand les crampes s'en mêlent. Mais te voilà Didier qui viens jauger les derniers concurrents, de te croiser là est un vrai réconfort. Passer le col et descendre, pas si simple, vers Asco...et dans la forêt le bruit des encouragements des premiers pour les arrivées successives, et le coca qui nous remonte, l’hypoglycémie nous guettait. La douche, les soins, les massages et l'esprit tourné vers demain.
Ah, demain ...
C'est déjà le cirque de la Solitude après cette belle montée régulière, des à-pics, la descente avec les chaînes dos au vide, la remontée aussi raide bien que moins impressionnante. La suite est beaucoup plus roulante surtout après Tighjettu mais la descente après Ciottulu va nous paraitre longue jusqu'au col de Vergio terme de cette étape .Avec le recul je pense qu'on aurait dû trottiner un peu sur toutes les portions roulantes. Dans l'ensemble l'étape c'est mieux passée que la veille .J'en suis bien content en sirotant une Pietra avec Oleg car il n'a parcouru que la moitié sud du GR avec sa fille et je sais que la prochaine étape est une des plus belles du GR 20, mais elle est très longue et ensemble nous convenons d'assurer en prenant le parti d'être hors délai
pour la fin de l'étape.
Cette fois encore la journée tient toutes ces promesses :le lac de Nino sur le plateau avec les chevaux qui broutent les pozzines, après Manganu la brèche de Capitello et la vue magnifique sur les lacs de Capitello et de Melo, des passages aériens précédés par une jeune "slave», hein Oleg...Mais il ne sera pas dit que tout sera beau et simple aujourd’hui. A Manganu on a fait une assez longue halte pour se ravitailler, malgré cela l’ascension jusqu'à la brèche sera difficile pour Oleg avec des arrêts réguliers et celle de Muzzella encore plus. C’est avec soulagement que je vois Pietra Piana où j'avais déjà vu un superbe soleil couchant .Il nous faudra un long arrêt pour pouvoir reprendre le chemin .J'avais parcouru la variante par les crêtes aujourd'hui place au GR qui passe par la vallée avant de rejoindre le chemin forestier où vous attendez les retardataires qui ne pourrons faire la totalité de l'étape du jour .Tant mieux Oleg à l'air épuisé et si je "m'amuse" de son état c'est pour essayer de lui changer ces idées plutôt négatives qui ont pris le dessus.
Peine perdue il préfèrera s'arrêter à regrets les 2 jours suivants. En attendant on soulage nos pieds dans le torrent en contrebas.
Pour cette 4éme étape au départ de Vizzavone vous nous amenez en voiture au départ du sentier. La journée va être encore très longue et je vais la jouer modeste avec pour objectif de rallier le col de Verde. Je vais faire un bon bout de chemin avec Hans qui va me parler longuement des Belges et de leurs institutions. Pour faire toute l'étape il aurait fallu trottiner sur les portions un peu roulantes mais il y a quelques belles montées et il reste demain une bonne étape.
Aujourd'hui on peut se lâcher .Vous nous montez en voiture sur une piste depuis Cozzano où l'on a eu un très bon accueil, jusqu'au sentier qui nous emmène au GR et que l'on va faire en groupe .Au-dessus d'Usciolu on chemine par les crêtes sur des passages aériens. Après une descente rapide le passage du plateau en courant me parait beaucoup plus court que lorsque je l'avais traversé en marchant et nous voilà déjà sur la passerelle et dans la longue montée de l'Alcudina qui sera la dernière grosse difficulté avant la descente "vertigineuse" vers Asinau .Je la crains un peu pour y être tombé mais là on descend allègrement avec Hans avant une brève halte au refuge. Il ne reste plus qu'à descendre en longeant rapidement les aiguilles de Bavella, remonter vers le col pour rejoindre le groupe .Sans doute l'étape où je suis allé le plus vite et où j'ai compris ce qu'il fallait faire pour boucler les étapes, enfin en théorie...La soirée au campement de yourtes sera aussi un très bon souvenir avec le massage sous les pins et le repas sous les étoiles .
Pour cette dernière journée je reparts avec Oleg qui s'est refait une santé et va mener toute la matinée à bonne allure d'abord vers Paliri puis lors de la longue descente vers Conca. Même le chaud soleil ne nous poussera pas comme d'autres vers les piscines naturelles croisées en chemin, comme si on était pressé d'arriver. Dans le regard de mon ami un peu de déception pour ces 2 jours de repos obligé mais aussi la satisfaction d'avoir malgré tout repris le chemin pour finir cette traversée de la Corse par la montagne .
Comme dans une aventure d'Astérix cette belle épreuve se termine par un banquet qui nous emmènera un peu plus tard dans la soirée avant le retour vers Calvi puis Nice et la dissolution progressive de ce groupe où des liens forts se sont tissés même si nous ne sommes pas appelés à nous revoir de sitôt.
Pour ma part il n'est guère de jours où je ne pense à vous tous, à tous ces superbes paysages, à tous ces efforts et ça me donne de l'énergie surtout quand il pleut, qu’il vente, que la morosité envahit toutes nos activités ...Il me tarde de retourner sur ces beaux chemins de Corse ou d'ailleurs, il me tarde de vous revoir à Cahors ou ailleurs. Quand vous croiserez l'un ou l'autre de notre groupe transmettez leur mon amical souvenir. Et j'ai une pensée particulière pour chacune et chacun de ceux qui vous ont assisté dans cette organisation.
En vous remerciant encore je vous souhaite de donner autant de plaisir, de bonheur à tous ceux qui pourront vous suivre à nouveau sur le GR en 2012.

   
2010  
 

CLAUDINE
J’ai un peu tardé à vous répondre, mais malgré le travail je n'ai cessé depuis notre retour de penser à cette semaine magnifique chargée de difficultés, de paysages époustouflants et surtout d'émotion, de sentiments généreux, je voudrais vous remercier tous et particulièrement le staff, sans qui nous le savons, les matins crispés auraient été beaucoup plus douloureux.
J'ai vraiment la nostalgie .... vous me manquez les filles. Oh !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! mais bien sûr vous aussi les garçons, vous m'avez tous aidée, réconfortée certains m'ont supportée le jour et la nuit .... (rrr!)
Comment va le ventrou Pascal ?
Bonne Course Stéphane pour ce week-end
Jean-François comment s'est passé la mission ........ impossible ..............
Bon entrainement Fabienne ...... accroche toi
Hélène ne lâche rien ça va revenir
Sylvia c'était le premier sûrement pas le dernier
Merci à Didier et Isa pour cette semaine
Bonne récupération à tous

ERIC
"Pour la deuxième année consécutive, j’ai a-do-ré !!
Cette immensité, cette nature à la fois sauvage et extrêmement accueillante, ces sous-bois de pins, de hêtres et de châtaigners chargés de senteurs de printemps, ces ruisseaux capricieux, ces versants et vallons fleuris, la brume mystique des sommets, les dalles de pierre telles des chaussées de géants, le funambulisme sur les crêtes, ces mouflons qui vous sondent dans la distance, ces étangs d’eau cristalline au fond des vallées….et ces petits cailloux en quête de voyages merveilleux qui se glissent dans vos chaussures.
C’est surtout et avant tout une aventure humaine unique où des individus, au travers d’efforts immenses, vont aller dépasser des limites qu’ils croyaient infranchissables, vont se souder, aller bien au-delà des premières apparences, se révéler à eux-mêmes et au groupe, et ainsi créer des liens profonds de confiance, d’amitié et de respect.
La joie, la peur, la surprise, les pleurs, les éclats de rire…un large panel d’émotions étaient au rendez-vous de cette édition 2010…et ont contribuées à tous nous faire bouger et sans nul doute à nous faire un peu grandir.
Le staff médical de grande qualité et des organisateurs tout à la fois extrêmement pro et cultivant une forte convivialité du groupe ont fait un travail énorme tout au long de l’épreuve. Ils étaient toujours là pour que tout ce passe le mieux possible pour les coureurs, à réparer les pieds & les bobos, à masser et drainer les jambes durcies par l’effort, à réconforter et à remonter le moral des troupes, à gérer la logistique des départs et des arrivées et à faire en sorte, au final, que ce fut une super expérience pour tous.
J’ai aussi une pensée toute particulière pour Pascalou qui nous a tous fait rire aux éclats en Aldo-Pascal Maccione sur la plage le dernier jour et tout au long du séjour par sa bonne humeur et ses couillonnades (mot choisi pour son étymologie!).
J’ai beaucoup aimé le collectif et la véritable équipe de cette année. Chacun à sa manière à contribué à rendre à mes yeux cette semaine inoubliable, et j’espère tous vous retrouver très prochainement sur de prochains trails, raids ou randos.
C’est sur ce type d’événement que l’on part à sa propre rencontre…et je pense vraiment y avoir trouvé un peu plus de moi-même.
Merci encore à vous tous….. et Viva chasseurs Alpins !
En attendant de nouveaux évènements concoctés par nos adorables Didier et Zaza.

SYLVIA
Je suis partie dans cette aventure en n’ayant aucune expérience de la montagne, mon seul entraînement est celui d'une coureuse à pied. Donc plus la date approchait et plus le doute en moi s'installait et là je me suis dit que j'avais vraiment mis la barre un peu haute !! Les incertitudes et une formidable envie d’y participait se bousculaient dans ma tête. Mon Club était derrière moi, mon coach m’avait bien préparé, je me devais d’aller au bout de cette folie sportive.
Et je doit dire que je n'ai aucun regret ! Très belle Aventure sportive, difficile où j’ai dû me surpasser pour passer des difficultés ou simplement arriver à rallier l’arrivée de l’étape du jour. Je n'aurai jamais pensé pouvoir faire ce que j'ai fait ! Et pourtant j’ai su aller au delà de ce que je pensais être mes limites comme quoi il ne faut jamais douter de soi !! Et une très belle Aventure Humaine avec un groupe extraordinaire où l'on a partagé les rires, les doutes, les pleurs… On ne peut pas jouer dans ces moments là, on est vraiment nous et çà c’est du purbonheur
En conclusion aucune ombre au tableau !!
Merci Didier et Zaza pour votre professionnalisme, votre présence, votre soutien et votre bonne humeur !
Merci aussi au staff soignant, sans eux les choses auraient été bien différentes...

CHRISTELLE
Encore une fois un grand merci pour cette fabuleuse aventure. Dure, certes, mais tellement enrichissante. Je ne pensais pas être capable de franchir ces étapes (même si je ne les ai pas toutes faites).
Je me suis découverte...
Le retour à la réalité est difficile, l'équipe me manque déjà beaucoup, et ma sœur encore plus...
Félicitations pour cette belle organisation mise en place par Isa et Didier

FABIENNE
Merci à toi et à Isa pour nous avoir fait vivre cette incroyable aventure, à la fois sportive et à la fois humaine.
J'ai sans cesse des images dans la tête de cette semaine en Corse.
C'est vrai que de revenir à la réalité, ça fait tout bizarre.
J'ai déjà hâte de revivre ce genre d'expérience.

ALEX « LETTRE A YANN »
Salut camarade, je me permets ces quelques mots en ce début de soirée. Ma foi, j’espère que tes journées sont comme le temps : belles, que finies les ampoules et bye bye entorse. Et puis, il y a quelques jours, j’ai pu découvrir ton mot glissé sur une feuille de bristol. Un doux mélange d’anecdotes, d’émotions. C’est vrai qu’on a partagé pas mal de choses sur ce sentier, il y a eu cette beauté des paysages qui dès les premières étapes ont défilé sous nos yeux, au rythme des foulées simultanées d’un effort partagé. Et puis il y a eu nos pieds cabossés, c’est vrai, paradoxe au moins aussi étrange que l’histoire de Benjamin Button ou quand un mauvais moment d’une douleur partagé t’offre le meilleur. La solidarité frappe à la porte. Je crois que ce sont ces moments que je suis venu chercher en Corse. Ce partage, ce soutien, cette entraide, ces encouragements, ce respect … Merci à toi Yann d’avoir était un membre actif de cet état d’esprit chevaleresque. C’est tellement peu de choses mais tellement à la fois. Ta présence m’a été précieuse et m’a beaucoup touché. Quelques jours plus tard, c’est Conca, finisher ! C’est super, je crois qu’on l’a pas volé et c’est vrai nouveau point commun. Après coup à première vue, ce n’était pas monnaie courante mais à vrai dire, je crois que chacun est allé au bout de quelque chose. Certains ont tutoyé leurs limites, d’autres les ont dépassées. J’ai vu de la joie, de la colère, de la tristesse, du dépit, de la détresse, du soulagement, de la fierté, de l’amour et tant d’autres choses qu’une page ne saurait contenir. Et puis il y a eu toutes ces rencontres de gens divers et variés, c’est incroyable, chacun son histoire, son anecdote. Et puis toi bien sûr ; au départ, nos échanges furent « musclés » et j’ai pu découvrir ma foi un incroyable sportif. Nos parcours similaires m’ont par la suite fait découvrir l’homme tout aussi appréciable… Merci ! C’est sur ces quelques lignes que j’appuie sur le bouton envoyer, ah la technologie ! T’espérant bonne réception, plein de bonnes choses, bises, Alex.

VALERIE « mail à ma Fille »
Bonsoir Capucine et les amis à qui je vais faire partager ces nouvelles de Corse.
Hier soir je suis donc rentrée de mon "intégrale du GR20".
Première chose, c'est que mon objectif a été atteint, j'ai réussi à tout faire, en gros en 52 heures d'épreuves. Kilian Jornet l'a fait en 32 heures non stop je crois, mais il a pris des "raccourcis"... et il était bien assisté... mais c'est héroïque!!
La deuxième chose qui me vient à l'esprit, c'est que cette course n'aurait jamais dû s'appeler GR: grande randonnée? C’est si souvent de l'escalade que je ne crois pas qu'on puisse appeler ça de la randonnée. Ces fameux passages dont on m'avait dit qu'ils étaient aériens m'ont paru vertigineux. Heureusement que tout est sécurisé par des chaines ou des filins d'acier. Malgré cette sécurisation, je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie. Et puis on m'avait dit que c'était une course, mais il n'y a probablement pas plus de 30 km sur lesquels on peut effectivement courir sur les 180 du parcours, c'est vraiment peu. Les montagnards rapides s'en sont bien sortis (autour de 17.000m de dénivelée positive quand même!...).
Troisième chose que j'ai envie de vous dire, c'est "que c'est beau!". Tout le monde le dit, et je l'ai constaté, cette succession de paysages passant d'une montagne très alpine à un relief et une végétation méditerranéens, c'est époustouflant.
J'ai aussi envie de dire "que de cailloux, que de rochers, que de pierriers" et malgré tout ça, peu de bobos au niveau de mes pieds, ce qui est tout à fait exceptionnel.
Samedi, après l'arrivée tant attendue à Conca, nous avons tous ensemble pris la direction de la plage, à Sainte Lucie, et profité de la mer qui était délicieuse!.
C’est ça la fameuse cerise sur le gâteau.
Nous étions 22 participants (inconscients devrais-je dire?) au départ, nous avions la possibilité de ne pas prendre le départ d'une étape tout en restant en course avec un temps forfaitaire du double de celui du meilleur. Le troisième et le quatrième jour, comme nous croisions une route aux 2/3 de l'étape, nous avions la possibilité de faire tout, les deux premiers tiers ou le dernier tiers. Chacun a fait selon sa forme, sa motivation, ses capacités. Je crois que nous ne sommes que 7 ou 8 à avoir eu droit au coupe vent "finisher" et je suis très fière de l’avoir eu.
Je vous embrasse, mes amis de course et Capucine.
Valérie
PS: Didier Chaussade, et son organisation qui s'appelle Cap’Orn, ont été parfaits, je vous recommande chaleureusement cette façon de faire le GR20 sans porter tout l'attirail habituel du randonneur.

Anthony et Jean-François
Bonjour tout le monde,
excusez nous de ne pas vous avoir donné de nouvelles avant, nous ne sommes pas morts...lol...tout va bien on a eu un emploi du temps très chargé cet été et on profite de ces quelques jours de repos pour vous écrire et vous remercier...
Avant tout, on voulait remercier toute l'équipe du staff qui en plus de sa bonne humeur a fait un travail remarquable, on s'attendait vraiment pas à un tel soutien, vous nous avez soigné de la tête au pied avec une si grande satisfaction et de joie que ça donnait envie de se faire mal jour après jour...
On remercie et félicite tous les coureurs et marcheurs, et plus particulièrement Claudine, Hélène, Valérie vous avez énormément de mérite pour ce que vous avez réalisé, c'est extraordinaire, un grand respect...vous nous avez beaucoup ému à chaque étape.
Merci à Henri pour ces magnifiques photos c'est que du bonheur de revoir tous ces visages de joie et de souffrance...
Un grand merci à toi Didier et à toi Isa pour tout, continuez à organiser des courses, des raids, vous rendez heureux et faites plaisir à beaucoup personnes...
Cette semaine a été magnifique, ce fût une très bonne expérience...merci
Gros bisous à tous à bientôt sur les sentiers de la Savoie.
Viva Chasseurs Alpins


   
2007  
 

Chris (1er)

Many thanks for a great week on Corsica!
And thanks to all the staff. I very much enjoyed the experience.

Je viens de passer une semaine reposante en faisant mon jogging sur « Le GR20 en 5 jours » en Corse.

Un peloton de gens heureux, tous français à part moi, un portugais et un belge.

Après l’avoir parcouru en randonnée l’année dernière en 60 heures, j’espérais le boucler en 30 heures. En réalité le meilleur que j’ai pu faire fut 31 heures et 46 minutes, de Calenzana dans le nord-ouest à Conca dans le sud-est. Seulement 5 des 12 coureurs ont pu terminer le parcours.

Chaque jour j’étais en moyenne à environ 2 heures devant le second, Christian Dubois, donc je suppose que j’avais environ 10 heures d’avance à la fin du 5e jour.

Heureusement le temps était parfait, rien à voir avec le mauvais temps qu’ils ont eu l’année dernière.

Le record pour ce parcours, couru en non-stop, fut d’abord établi par Jean-François Luciani en 37h07m. Il est maintenant tenu par Pierre Santucci en 36h53m.

12 septembre – 1er étape : Calenzana – Haut Asco
23 km, 2900m de dénivelé +, 5h29m
Après quelques photos de groupe, le GR20 en 5 Jours commence à Calenzana à 8h12. La route grimpe en pente raide à travers le village avant de devenir un vrai chemin de terre. J’ai commencé rapidement à courir seul. Mon objectif temps était d’environ 5 heures, mais c’était plutôt optimiste. Je suis arrivé au refuge d’Ortu di u Piobbu en 1h53m, puis j’ai perdu du temps après le deuxième refuge à Carrozu à cause d’un gardien fou qui refusait de donner de l’eau aux randonneurs et avait fermé à clé les robinets du réservoir d’eau. Cela fut un problème pour le plupart, même pour moi.

13 septembre – 2e étape : Haut Asco – Castel di Verghio
22 km, 1700m de dénivelé +, 3h46m
La seule étape qui peut être décrite comme « facile », courte, avec un itinéraire aisé à suivre. Le jour apparaît au début de la piste et puis j’entre dans une forêt de pins et grimpe 850m pour rejoindre le premier col en 49 minutes. Je traverse le col qui plonge ensuite dans les profondeurs du Cirque de la Solitude. Un endroit sombre, cauchemardesque avec chaînes et échelles. 29 minutes plus tard j’ai atteint le deuxième col, suivi d’une descente rocheuse de 900m vers la Bergerie de Ballone.

Ensuite c’est un parcours relativement plat et courable à travers une forêt de pins épars avant de se retrouver sur une autre montée rocheuse de 600m et encore une descente rapide. La dernière section de forêt est constamment ondoyante et demande beaucoup d’efforts pour la courir en continue. J’étais content d’arriver à l’hôtel Castel di Verghio en moins de 4 heures, et surtout 2 minutes avant midi pour pouvoir passer une après-midi complète de repos !

14 septembre – 3e étape : Castel di Verghio – Vizzavona
44 km, 2600m de dénivelé +, 7h32m
J’ai démarré l’étape une heure après les autres pour leur donner un départ avantagé. J’ai dépassé 7 des 11 coureurs avant d’atteindre le refuge de Managanu en environ 1h55m. Et puis j’ai dépassé Christophe, Marc et Manu sur la montée vers Brèche Capitellu, le point culminant du GR20. La crête après la brèche est assez délicate et technique, donc il m’a fallut un petit moment avant de rattraper et de dépasser Christian sur la descente vers le refuge de Petra Piana. La descente en dessous de Petra Piana était beaucoup plus dure et beaucoup moins courable que je l’avais prévu. Ma montre affichait 5 heures quand j’ai commencé la longue et lente montée vers l’Onda et une autre toujours en montant vers le Col Muratello.

15 septembre – 4e étape : Vizzavona – Rau Forcinchesi
54 km, 3100m de dénivelé +, 8h47m
L’étape la plus longue depuis notre départ, et en effet une distance que je n’ai jamais fait auparavant. J’ai quitté Vizzavona à 7h20, un demi-heure après les autres 5 coureurs qui ont opté pour faire la distance en une seule étape – Christian, Manu, Marc, Christophe et Lionel. J’ai rejoint Lionel un peu plus loin dans la première grimpée, puis petit à petit j’ai dépassé les autres, et finalement j’ai rejoint Christian un peu avant la dernière section de forêt avant le Col di Verde.

16 septembre – 5e étape : Rau Forcinchesi - Conca
35 km, 1700m de dénivelé +, 6h11m
La dernière étape a été beaucoup plus exigeante que je l’avais prévu. La journée commença juste de l’autre coté d’un pont suspendu près de notre campement avec une montée de 700m sur la Monte Incudine (2134m), le seul vrai sommet de ce GR20. Des plaques de granit et une croix cassée se situent à son sommet. Ensuite une descente raide et tortueuse vers le refuge Asinau, puis encore des descentes raides et tortueuses pour traverser une rivière avant un long contournement pour atteindre le Col de Bavella. Cette section entière était beaucoup plus dure et longue que je ne l’imaginais.


Finalement j’ai atteint la dernière courte montée pour arriver au Col Bavella au milieu de touristes et groupes d’autobus. C’était un grand soulagement de voir Karine et l’équipe de Cap ‘Orn avec de l’eau et du Coca. J’étais surpris il m’a fallu seulement 3h30 pour arriver au col, j’avais prévu plutôt un peu plus de 2h30 ! Mais il n y avait pas grande chose à faire sauf de continuer vers I Paliri avec une concentration accrue pour ne pas louper les bifurcations dans la forêt.

La piste pour Paliri n’est faite que de courtes sections courables. J’ai pris de l’eau à la source avant le refuge et j’ai redémarré sur la dernière section vers Conca. Cette voie est vraiment difficile et bizarre à suivre. La piste est rarement dégagée et le sol difficile à courir. Chaque section a pris plus de temps que prévu et ce fut presque 6 heures plus tard que j’atteignais le dernier col qui domine Conca. J’ai parcouru la dernière descente en 10 minutes, avec une dernière forte descente sur bitume pour l’arrivée au gîte d’étape La Tonnelle, et la fin du GR20.

Christophe (3ème)

J'ai adoré !!! Ça a bien puisé dans mes ressources et je pense en avoir appris un peu plus sur moi, les limites de mon physique et mon mental.
Le STAFF médicale est pour beaucoup dans ce "dépassement de soi" et il nous à tous permis je crois de repartir dans de super conditions physiques donc morales le matin ....
Je voulais aussi remercier le reste de l'équipe, dont toi-même (organisateur) pour le contact facile, la bonne humeur et la disponibilité de chacun. Je te le répète, une super expérience pour ma part.
Le format familiale de 13 participants (et je pense qu'à 35, ce climat ne changera pas) est idéal. On a réellement l'impression d'être un groupe, une famille, coureurs et staff compris.
Le principe d'autonomie totale sur le parcours est évidement à conserver à mon sens. De même, avec du recul (et moins de fatigue) je pense qu'il était très appréciable de toujours évoluer libre. Par cela j'entends sans trop de gardes fous qui s'imposent de plus en plus sur ce genre d'épreuve avant tout nature.
Le malaise de manu restera, étant le premier à arriver sur lieu, partie intégrante de mon aventure. Je pense qu'il a appris quelque chose ce jour là lui aussi. Heureusement la fin fut heureuse.
Le but de cette épreuve reste à mon sens de se découvrir. Comme le dit ton site: "le GR20, vous le ferez autant qu'il vous fera".
Comme seul point à améliorer, pour l'avoir vécu, il est frustrant de ne pas joindre l'organisation quand un problème arrive. Comme solution, on en avait déjà discuté et c'est pour cela que je ne vais pas m'étendre, un standard toujours joignable ou des lieux d'arrivée d'étape (même en bivouac), toujours desservi par les différents opérateurs téléphonique. Enfin solution ultime, ce que tu testes d'ailleurs sur une autre épreuve, un GPS dans chaque sac.

Voilà, mon sentiment général reste une satisfaction énorme et une envie de recommencer ce genre d'épreuve sur d'autre terrain bien sure.


Marc (4ème)

Quelle semaine!
Ces 5 jours de promenade sur le GR résonnent encore par le calme des prairies, la douceur des baignades dans les rivières et les senteurs florales des forêts.
Le matin après une longue nuit stretching et étirements avant de partir pour la douce randonnée quotidienne dans les sentiers corse,nos guides accompagnateurs corse Hélène et Bernard sont toujours là pour nous tenir la mains quand la pente devient trop raide et à la fin de chaque étape les G.O Eric et Sébastien (chanteurs polyphoniques corse) nous accueillent chaleureusement avec le sourire aux lèvres, un bon bain relaxant et nous passons entre les mains de Magali notre kiné, Olivier l'ostéo, Karine la podologue qui vous redonnent nos jambes de 20 ans.
L'adjudant chef Didier au briefing du soir nous donne les activités du lendemain.
Voila en résumé quelques sensations ressenties pendant cette semaine au club « Cap’Orn » de corse.


Carine (la podo) rapport fait à l’ANPS (Association Nationale des Podologues du Sports)

Fabuleux raid pédestre de 170Km avec quelques 10660m de dénivelé, de quoi fatiguer et mettre à l'épreuve les pieds de traileurs plus ou moins avertis. Il s'agit de l'intégrale du GR 20 en 5 étapes.
Sous le gentil titre de "randonnée sportive" donné par l'organisation de Cahors, Cap’Orn, se cache une épreuve où l'amateurisme en matière d'entraînement en dénivelé à difficilement sa place...
L'équipe médicale, composée d'un médecin, une kiné, un ostéo, une infirmière et une podologue, n'est pas en surnombre.
On retrouvera des pathologies très proches des ultra trails, nécessitant des soins curatifs après chaque étape jusqu'à tard le soir... et également tôt le matin avant le départ d'une nouvelle journée....
Journée de course parfois très longue pour ceux qui auront la malchance d'arriver pendant la nuit... la frontale pour seul compagnon à détecter la petite peinture rouge et blanche balisant ce GR, tantôt au sol sur des cailloux plus ou moins visibles... tantôt dans les arbres en forets où la visibilité devient plus réduite... l'allure aussi...et les pieds choquent beaucoup plus contre les cailloux, ampoules et hématomes étaient bien au rendez-vous!! !!
Superbe souvenir, expérience enrichissante et découverte d'un GR très particulier.

   
2006 De Guy "le Marseillais"
second au scratch
 

1ère étape :
Calenzana-Ascu
22km, 3100+, 2000-

Départ de Calenzana à 8h30 après un petit transfert en bus.
L’arrivée sur Calenzana nous laisse entrevoir les hostilités de la journée. Le massif montagneux semble abrupt, sans compromis.
8h30 Le départ est donnée. Dès les premiers mètres la pente se raidie. Aussitôt un petit groupe de 3 coureurs (Patrick, Gilles et moi-même) prend la tête.
Une petite descente permet à Gilles et moi-même de creuser l’écart sur Patrick. Mais l’ascension reprend. Le sentier est de plus en plus raide et escarpé. L’écart s’est déjà creusé avec les autres coureurs. Un petit raidillon permet à Gilles (très à l’aise dans les passages techniques) de prendre la tête. Il avance rapidement 100 m devant moi. J’arrive péniblement à maintenir l’écart. Avant l’arrivée sur la crête de FUCU, le Gr20 tourne brusquement à droite, signalé uniquement par un cairn un peu plus haut. Cependant un sentier continue aussi dans le prolongement du GR. Gilles ne fait pas attention et s’engage dans la descente. Le temps que je m’aperçoive de son erreur qu’il est déjà hors de portée. Je prends à droite tout seul en tête. Par la suite nous apprendrons que de nombreux concurrents ont fait la même erreur.
Le chemin devient plus plat à flanc de montagne. Je décide d’accélérer le rythme jusqu’au refuge de Piobbu.
Gilles me rattrape alors juste avant la Mandriaccia. Il me dépasse. Je ne peux que le laisser partir dans la montée vers le col d’Avortolli. Je fais un peu plus calmement la descente sur le refuge de Carrozu. La prochaine montée est longue (1000m d+) et le GR ne fait que commencer. Je franchis rapidement la passerelle du refuge (à la stupeur des randonneurs) pour attaquer la dernière ascension. Gilles est déjà bien loin. Je ne le vois même plus. Enfin la crête arrive. J’aperçois le village d’Ascu signifiant l’arrivée. Je descends, en contrôlant pour ne pas trop traumatiser mes jambes pour ce premier jour, jusqu’à la station de ski.
Résultat 6h15.

2ème étape :
Ascu-Castellu di Vergio.
21km, 2000+, 2000-

La petite étape du GR20 mais aussi la plus technique puisqu’elle comprend le fameux cirque de la solitude.
Au petit matin, les mines des concurrents ne sont pas réjouies. En effet le temps est très frais, il pleut et le massif est bouché. Lors du briefing, Didier Chaussade donne les consignes : » La course partira mais en binôme pour le passage du cirque. »
Je me retrouve donc au départ avec Gilles, mon compagnon de la veille.
Le départ (encore une fois) se fait sur les chapeaux de roues. Aussitôt l’écart se creuse entre notre binôme et les autres coureurs. La montée sur le cirque se fait à très bon rythme (plus de 1000m positif/heure). Il faut dire que la pluie et le froid ne donne pas envie de s’attarder.
Nous rentrons dans le cirque de la solitude à peine en 1 h de course. Sa réputation de passage technique n’est pas usurpée. En effet les parois sont abruptes et la pluie battante ruisselant donne l’impression de grimper dans une cascade. Gilles est toujours aussi bien sur ce type de terrain. Il donne le rythme sautant d’arête en arête. En 1h40 nous atteignons le 1er refuge (Tighiettu). Le GR nous fait alors traverser plusieurs fois des ruisseaux qui avec les conditions climatiques sont devenus de véritables torrents. Il faut alors bien choisir son passage pour se mouiller au minimum les pieds. Même si le sentier reste à flanc, la nature du terrain (pierriers et rochers) ne nous permet pas de courir relâcher. L’attention est de chaque instant. La montée jusqu’au refuge de Ciuttolu se fait sur des gros blocs de pierre, toujours sous la pluie, mais adhérents assez bien à notre grande surprise.
Nous redescendons ensuite dans une petite vallée en longeant un cours d’eau très actif. Celui-ci nous vaut d’ailleurs quelques frayeurs lors des multiples traversées.
Enfin un petit panneau affiche Col de Vergio signifiant l’arrivée. Heureusement car la pluie et le froid ont fatigués les organismes et le coup de fringale guète.
Il est 11h58, nous arrivons à la station. Super on va pouvoir se faire un petit repas.
Je mange donc en tête à tête avec Gilles. Cela nous permet de faire un peu plus connaissance.
Résultat 4h58

3ème Etape :
Castel di Vergio- Vizzavona
44km, 3100+, 3591-

L’étape s’annonce longue. La température a chuté de quelques degrés au petit matin. De plus, le vent s’est levé. Cependant rien au départ ne laisse présagé les heures à venir.
Le départ se fait en masse joyeusement. Le rythme s’est calmé au fils des jours. Les concurrents courent ensembles sur les premiers kilomètres. C’est un petit sentier en sous bois bien agréable après les pierriers que l’on a connu sur les étapes précédentes. La première montée arrive. Le rythme reprend un peu. Il faut dire que cette étape comporte une porte horaire à 14h à la cascade de Meli. Cette porte semble difficile à passer. Dans tous les cas, il ne faut pas trop traîner. Les concurrents de tête le savent. Le passage de la première montée se fait ensemble (5 concurrents). Par contre dès la première descente, Gilles et moi-même creusons l’écart. Gilles m’impressionne toujours autant en descente, sautant de rocher en rocher, ces trajectoires sont précises, toujours justes, et ses appuies infaillibles. Pour ma part, les jambes, au troisième jours, sembles un peu traumatisées de l’étape de la veille menée tambour battant. Rapidement mes sensations s’avèrent justes. Je peine à suivre Gilles.

Dans la descente sur le lac de Nino, il me lâche. Même la longue course, sur le sentier « écossais », au milieu des ruisseaux, chevaux sauvages et brouillard, ne me permet pas de revenir sur lui. De plus, le vent, de plus en plus présent, me glace les jambes, ne favorisant pas le rendement musculaire. La brume envahit tout le massif à partir du refuge de Manganu. Le froid est alors de plus en plus saisissant (surtout pour un marseillais). Je perds Gilles de vue dans la montée vers la brèche de Capitelo. Ce passage sur la crête jusqu’à Punta Muzzella est pour moi interminable.
Tout seul dans la brume, le vent, et la pluie sur cette arête toujours aussi technique, la progression est lente. Le froid me tétanise. La veste gore tex ne suffit pas à me réchauffer. Ce passage sera pour moi le plus dur du GR20.
C’est dans ces moments là que la notion de Raid prend toute son envergure. Il ne faut plus réfléchir, il faut progresser sans perdre de temps. Ne jamais s’arrêter pour ne pas se refroidir. De plus la porte horaire se ferme de plus en plus. Il me faut presque 2h pour sortir de cette maudite crête et plonger vers le refuge de Petra Piana. Mais le mal est fait. Les jambes sont de plus en plus dures et le moral bien bas. Des douleurs aux genoux se réveillent par la fatigue et le froid.
Arrivée au refuge, il reste à peine 1h pour passer la porte horaire. Un long chemin descendant, le long d’un ruisseau, permet d’arrivée à ce point tant attendu. Mais à son habitude, le sentier du Gr n’est pas roulant. Des pierres, toujours des pierres. La concentration doit être maintenue malgré la fatigue. 13h45 (soit 15’ avant la fermeture de la porte), j’arrive enfin à la porte horaire et la pluie redouble d’intensité. Gilles est déjà parti à l’assaut de Ponte Muratello (patate de 1200m positif, l’ascension se faisant constamment sur la crête).
L’étude du profil faite la veille ainsi que les conditions climatiques me font renoncer à partir seul sur cette dernière section. J’attends donc les concurrents suivants.
Une heure après moi « le couple du GR20 », (Kim et Bruno –mais tout le monde avait deviné), et Patrick arrivent. Ils semblent bien éprouvés eux aussi par le passage précédent. Malgré l’autorisation (voir l’encouragement) donnée par Didier Chaussade (l’organisateur) pour faire la dernière section ensemble, nous décidons collégialement d’arrêter là.

La course est alors neutralisée.
Gilles sera donc le seul à finir cette étape. Il arrivera 3h plus tard à Vizzavona marqué par cette étape. Ces capacités, encore une fois, forcent l’admiration. Le récit de son ascension et des conditions de la descente nous rassure. Je pense alors que nous avons fait le bon choix.
Résultat 6h30 (15km et 1200+ non effectués).

4ème Etape :
Vizzavona-Rau Forcinchesi
Annoncé 54km, 4000+, 3300-
Réalisé 38km, 3000+, 2000-

C’était la grosse étape prévue sur le GR20. Cependant les conditions dantesques des jours précédents modifient quelque peu le parcours. Un bivouac était prévu sur cette étape, mais la route forestière permettant à la logistique de rejoindre le GR est impraticable (le ruisseau devenu un torrent est infranchissable pour les camions). Le bivouac se fera donc sur une crête à 1500m d’alt au 38ième km.
Cela veut dire aussi que l’étape de demain fera 16 km de plus.
L’étape de la veille a laissé des traces et en prévision de celle de demain, je décide de faire la course avec « le couple », kim et Bruno, troisième au classement.
Le départ se fait par un petit sentier de terre (enfin, ça existe aussi sur le GR20), permettant d’allonger la foulée mais nécessitant des relances constant par son profil type tôle ondulée. Il y a encore une porte horaire à 14hj au col de Verde.
Gilles part rapidement devant.
La végétation depuis Vizzavona a changé le GR passe beaucoup plus en sous bois, le massif est moins abrupt et laisse découvrir de large vallée.
Devant Kim, Bruno, Patrick, et Claude, je mène le rythme, les obligeant parfois à être en surrégime. Je relance souvent et Kim enchaîne, entraînant le reste du groupe. Notre club des 5 avance bien. Si bien qu’à la crête de Caroo nous reprenons Gilles en visu. Je force un peu plus le rythme pour recoller à lui. L’étape de la veille a laissé aussi des traces sur lui. Cela le rend un peu plus humain. Il faut dire qu’il a fait quand même 3h de plus que nous et 1200+)
Encore une fois dès la première descente vers le pont de Cassacie, Gilles et moi-même lâchons le groupe de Kim, Bruno, Patrick et Claude. Le sentier, vers le col de Verde est interminable, pratiquement sur la même courbe de niveau mais en dents de scie. Nous passons au col à 11h58. Personne n’est présent à cette porte horaire, nous enchaînons sur la montée vers Punta Cappela. Le vent est toujours la, mais la température est plus clémente que les jours précédents.
Le bivouac doit se faire au pied d’un pylône EDF. Lors du passage au sommet de Punta di Campitelli nous l’apercevons. Il nous faudra cependant encore presque 45’ pour l’atteindre. L’arrêt de la course se fera donc 500 m après Bocca di Laparo
Résultat 6h53.

A l’arrivée, une dizaine de tentes sont installées sur la crête. Le vent commence à souffler de plus en plus fort.
A peine le temps de se changer, en profitant d’un rayon de soleil, de se faire masser dans le camion transformé pour l’occasion en cabinet de soins, que la brume envahie le site. Tout le monde regagne alors en binôme sa tente, en attendant le repas, ayant lieu dans une cabane de chasseur, en contrebas, dans la forêt.
Cette fois, je partage la tente avec Gilles. Au fil des étapes les liens se créent. Je découvre alors quelqu’un avec un beau palmarès mais d’une grande modestie et humilité. Il faut presque le harceler de questions pour qu’il raconte ses exploits (1er à la Grande traversée des Alpes, Himalaya Race …)

Le repas sera très convivial malgré le froid toujours présent.

5ème étape
Bocca di Laparo-Conca
Prévu 33km, 1868+, 3255-
Réalisé 49km, 2800+, 4500-

Nous devons rattraper, sur cette étape, les 16 km non parcourus la veille. Cette dernière étape devient donc monstrueuse pour ces 4500m de dénivelé négatifs et sa distance.
En sortant de la tente nous avons l’impression de sortir en haute montagne. Le brouillard empêche de voir à plus de 50m le vent souffle à 70km/h environ. La pluie présente toute la nuit a cessé.
Le départ se fait à 6h30 à la lueur des lampes frontales. Une porte horaire est instaurée à 14h au col de Bavella. Cette fois je ne me suis pas fais surprendre par le froid. Je pars avec bonnet, gant, polaire, veste et pantalon Goretex. Les deux premiers kilomètres se font côté Est de la crête et donc à l’abri du vent. Mais le bruit dans le feuillage nous laisse imaginer le temps qui nous attend sur les hauteurs.
Nous ne nous trompons pas. Le passage sur l’arête de Manda est très exposé. Le vent est terrible. On ne voit toujours pas à plus de 50 m. Rapidement les concurrents se trouvent distancés de nous (Gilles et moi). La première crête est vite avalée. Nous pouvons enfin, avant le mont Incudine, dérouler un peu. Nous traversons l’endroit où nous aurions dû faire le bivouac. Avec beau temps le site aurait été exceptionnel. Rapidement la pente devient plus raide, plus de pierres aussi. Nous passons maintenant sur la crête du mont pour l’ascension sommitale. Le brouillard et le vent sont toujours là. La pluie arrive aussi. Nous voyons à peine
la croix située au sommet du mont Incudine. Le froid est là mais nous savons que dès la descente côté Est nous serons à l’abri du vent. La veille, en étudiant la carte, j’avais vu que la descente était perpendiculaire à la courbe de niveau. C’est bien cela. C’est une succession de dalles abrupts et humide. Nous descendons droit dans la pente en flexion constante sur les jambes. Les quadriceps brûlent et l’on sent que des traumatismes sont en train de se créer. Cependant nous ne devons pas baisser le rythme car aujourd’hui la porte horaire est proche. La descente est vite expédiée. La pluie devient de plus en plus forte. Lorsque nous arrivons au refuge Asinau, nous sommes trempés. Nous pensons alors aux autres concurrents, qui doivent être dans l’ascension du mont Incudine, avec le vent le froid et en plus la pluie. Nous contournons maintenant les aiguilles de Bavella. Nous sommes descendus de plus de 1000m d’altitude. La pluie a cessé et le vent faibli. Nous en profitons pour ôter quelques couches de vêtement. Sur la carte, ce sentier, jusqu’au col de Bavella, semblait roulant, à flanc de colline. Mais à son habitude le GR20 en a décidé autrement. Le sentier est en fait en tôle ondulé et amas de bloc rocheux. Nous comprenons alors avec Gilles que nous serons les seuls à passer la porte horaire.
13h15 nous arrivons enfin au col. Le vent est toujours là mais le soleil apparaît. Guilhem, l’osteo du staff nous a rejoint pour faire avec nous la dernière section. Nous repartons de plus belle. Le moral est bon mais les jambes commencent à accuser la descente du Mont Incudine. La nuit sous la tente n’a pas été très récupératrice. Jusqu’au refuge de Paliri, tout va bien même si les descentes me font de plus en plus mal aux jambes.
Au fil des kilomètres le mal empire. La fin du parcours me semble interminable. A chaque pas mes quadriceps me font mal. Le sentier est une succession de montées (+100m positifs) et de descentes. Je ne peux plus courir. Je dis alors à Gilles de finir la course tout seul devant, mais il préfère rester avec moi pour finir ensemble cette aventure. Enfin le village de Conca est visible. La dernière descente se fera dans la douleur mais aussi la joie de finir, mélange de sensations que peut être seul le sport peut provoquer.
Sur le dernier kilomètre de route, j’essaie de courir (le prestige peut être). L’arrivée approche 500m, 200m. Mes jambes me font mal. Chaque foulée est une douleur.
Enfin nous apercevons l’arrivée. Gilles est derrière moi, toujours en retrait, toujours grand. Nous finissons ensemble cette belle aventure.

Epilogue :

Ce GR est vraiment superbe mais sans compromis surtout lorsqu’on l’avale en 5 jours. Le sol est technique (pierres, montées descentes toujours très abrupt. Les quelques panoramas dégagés que l’on a vu laissent imaginer tout le potentiel du site.

Cette aventure fut une incroyable aventure humaine. Des concurrents tous supers, Tous d’excellents coureurs sans fioriture comme on en voit que sur des trails. Gilles fut l’exemple même. Il aurait pu gagner haut la main toutes les étapes. Mais il a préféré faire la course avec moi. Au fil des étapes et des efforts ce coureur peu bavard s’est livré. C’est vraiment une personne exceptionnelle que j’ai découverte. Il incarne à lui seul ce que le trail est. Humilité, dépassement de soi et respect des autres. Merci à toi.

Merci aussi au staff, dont l’organisation a su s’adapter à des conditions climatiques terribles. Il fallait avoir l’expérience mais aussi la passion pour prendre les initiatives qui nous ont amener au bout de ce GR. Beaucoup d’autres organisations auraient stoppé cette course.

Merci aussi au staff médical qui tous les soirs nous bichonnait pour nous remettre en forme (Merci Deborah)

Seul regret de ce GR, ne pas avoir fait l’ascension de Ponte Muratello.